Vérité et Poésie, quatrième partie
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mon désir suprèiiie, ma clovise, ma pratiquo, en sorte que ce mot hardi qui vient après : Si je rai me, que t'importe? fut le véritable cri de mon cœur. »
Tels sont, à mon sens, les véritables rap[)orts ih Goethe et de Spinoza; voilà en quoi consiste exactement cette parenté intellectuelle dont on a tant parlé, et dont Goethe lui-même parle k chaciue instant. Il faut donc bien s'entendre quand on parle du spinozisme de Goethe. Spinoziste, il le fut on effet par sa prédilection pour l'auteur de YÉthique, par riuq)ulsion générale qu'il en reçut pour sa pensée, pai' \c sentiment de délivrance qu'il éprouva quand, ai)rès avoir erré à travers tant d'aventures dans le monde intellectuel, il rencontra un maître digne de lui, qui donna à son génie la claire révélation de ses vagues instincts, enlin par quelques aperçus qu'il transporta de la doctrine générale dans sa pensée et dans sa vie. Spinoziste, il l'est surtout par ses considérations sur la source et le principe de la moralité humaine, par ses réflexions sur la subordination «écessaire de l'individuel à l'universel, de la personnalité humaine, qui est une limite, à l'infini, qui n'en a pas, de l'hounue à la nature, (pii n'est que Dieu réalisé. Cependant, s'il relève dans une certaine mesure de Spinoza, c'est par l'inspiration plutôt <iue par le système. Il est de sa famille bien plus que de
son école.
Cela ne suffit pas moins pour mettre entre Goethe et Kant, son aîné parmi les fils glorieux de l'Allemagne, tout l'intervalle qui sépare le panthéisme de la rdigion de la raison pratique, de la doctrine (h l'àme spirituelle et responsable, librement soumise à