‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 28 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

un J)i(M., son créateur et son jngo. Lui-même avoue qn il ne se rapprocha de la philosophie de Kant que l>;»i" IVntrcMnisc de Schillor depuis l'heure, une des phis belles de sa vie, où il fit amitié d'àme et de génie avec ce noble disciple du philosophe de Kœnigsberg. Onand on lui demandait, vers la fin de sa vie quel était, à son sens, le plus grand des philosophes modernes : « Kant, répondait-il, voilà, sans ^ oute possible, le plus grand. C'est celui dont la ^I;>^:|n"^: a pénétré le plus profondément dans notre nv.l.sation allemande. ^ Il a aussi agi sur vous, nisait-il a Eckermann, sans que vous l'avez lu. Maint'^naiit vous n'avez plus besoin de le lire,^ car ce qu'il pouvait vous donner, vous le possédez déjà. Si cependant, plus tard, vous voulez lire un ouvage de lui |o vous recommande la Critique du jugement, dans ^■«'1"*' i;^ 'I a traité supérieurement de la rhétorique passablement de la poésie, insuffisamment des beaux a'ts. - Kant ne s'est jamais occupé de moi, bien que ma nature me fit suivre un chemin semblable

illl sien. »

Kt, d(.volo|)pant quelques analogies l.ien légères V> Il croyait saisir entre ses idées et celles du philoso|.l.e de Kœnigsherg, il rappelait qu'il avait écrit sa M.fa,uorp,^,, des Plantes avant de rien connaître

' «-si'i t de la doctrine. La distinction du sujet aui

us In. T'v ''°"'' •'""""™'' '' "°" !-"•• "ofe uge particulier, « tout cela, dis-je, était commun à

•ni., '1 ""'' V '■"^ '""'••^"^ ''« "« rencontrer •noc lu, dans ces id.'.cs. Plus tar.1 j'ai écrit la Théorie

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de r Expérience , ouvraf^c qu'il faut con.i.lnor comme la crili(|uc .lu sujet et de l'objet, et c.uu.e le moyen lie les concilier'. »

11 louait très wloutiers Kant dans les dernu-res années de sa vie, et sans doul.,' la comparaison du maître avec des disciples d'une originalité aussi couipromettante (lue Fichte ou Hegel, pour lesquels . Lvait un goût médiocre, rel.aussait smgulu-renien dans son estime le vieux philosophe, qu .1 n avait connu que fort tard. « Kant a sans contredit, rendu le plus grand service en maniuant la limite jumiu ou l'esprit humain peut s'avancer, et en laissant de co .• les problèmes insolubles; mais il n'a pas ferme le cercle Après lui il y aurait encore deux grandes choses à faire. 11 faudrait qu'un homme aussi remarquable que lui écrivît la Critique des Sens et celle de r Entendement humain; et si ces deux livres étaient tous les deux bien faits, la philosophie allemande n'aurait pas beaucoup à désirer. »

Dans une de ses dernières conversations, parcourant la longue carrière d'idées et de travaux qu il avait remplie, et traitant au point de vue de 1 histoire de son esprit la .piestion des inlluences meyitables que le génie même subit, il résumait sa pensée dans ces mémorables paroles : « On parle toujours d originalité; mais qu'cntend-on par là? Dès que nous sommes nés. le monde commence à agir sur nous, et ainsi jusqu a la lin et en tout ! Nous ne pouvons nous attribuer que nôtre énergie, notre force, notre vouloir ! Si je pouvais énumérer toutes les dettes que j ai contrac-

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