Cottversatiom avec Eckemiann, t. II, p
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tces envers nos grands pr.'décesseiirs et nos contemporains, ce qui me resterait serait j^ni de chose. Ce qui est important, c'est l'instant de notre vie où s'exerce sur nous l'influence d'un grand caractère. Lessing, Wmekelmann et Kant étaient plus âgés que moi, et il a été de grande conséquence pour moi que les deux premiers agissent sur ma jeunesse et le dernier sur ma vieillesse'. »
Cette action de Kant sur la vieillesse de Goethe n'est guère sensible à VwW le plus exercé, et nous ne liouvons voir dans l'aveu du poète qu'un dernier l'onmiagc au culte philosophique de Schiller, le plus regrette des amis qui ne l'accompagnèrent pas dans la sérénité de sa glorieuse vieillesse. Du reste il semble bien que Schiller lui-même, après avoir fait de grands efîorts pour ramener Goethe à la philosophie de son maître, avait renoncé à cette vaine tentative en sentant de plus en plus, non l'antipathie, mais I «IHiosition des natures « Schiller me détournait de l'étude de Kant, disait Goethe à Eckermann ; il prétendait que Kant n'avait rien à me donner'. »
Je ne saurais mieux définir ce contraste que par la comparaison des impressions que produisaient sur I un et sur l'autre, dans un âge avancé, les splendeurs de la nature. « Pendant tout l'hiver de 1802, Kant ne sortit pas une fois. Au printemps on essaya de III laire faire quelques promenades en voiture et de h- descendre dans son jardin : mais il le reconnaissait a peine, et il disait qu'il ne savait où il était. Il se