‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 30 sur 140 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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sentait mal à Taiso coiiiino dans uno ilc déserte, et redemandait les lieux auxquels il était aeeoutumé (son cabinet de travail et cette chambre à coucber toujours fermée, d'où le jour et le feu étaient baimis en toute saison). Le printemps ne lui fit presque pas d'impression. Quand le s(deil brillait dans le ciel, quand les arbres commençaient à lleurir, et que ses amis lui faisaient remarquer, pour l'égayer, ce réveil de la nature, il disait avec froideur et indifférence; « C'est de méuie cluKpie année, et toujours de méme^ » Au même âge, voyez quelle vivacité de sensations chez Goethe! Eckermann écrit hi mercredi H avril 1827 : « Je suis allé aujourd'Imi à une heure chez Goethe, cpii m'avait invité à faire mie promenade en voiture avant le dîner. Nous avons suivi la route d'Erfurt. Le temps était très beau. De chaque coté i\v la route, les champs de blé rafraîchissaient le regard par la plus vive venhire. Goethe semblait tout sentir avec la sérénité joyeuse et la jeunesse du printemps nouveau; mais dans ses paroles respirait la sagesse du vieillard. Il prit la parcde ainsi : « Je le dis « toujours, et je le répète, le monde ne pourrait pas « subsister, s'il n'était pas si simple. Voila déjà « maintenant des milliers d'années cpie ce pauvre sol « est labouré, et ses forces sont toujours les mêmes. « Un peu de pluie, un peu de soleil, et le printemps « reverdit encore, et ainsi toujours. » C'est presque le mot de Kant : « C'est de même chacpie année, et toujours de même ; » mais comme ces deux mots

i. Fragments et Souvenirs, \ii\vy\. Cousin, p. ">(). Dernières années (le Kant.

sont dits a^ec u.. accent dillcrent! Quel contrasta entre le sen .ment de cette vieillesse fatiguée par le travail, décolorée au dehors, abstraite, si je nuis le Jne, qu. sV.nuuie de voir que le soleil est toujours la même chose, qui se sent mal à Taise et sVlTrave presque en plein air dans son jardin, et la joyeu;c vgueur de c;et âge mûr de Goethe, prolongée usqu'à ses dermers jo.ns, toujours aussi sensible ."ux iaiprcs- Mons de la nature, h la joie du printemps nouveau! >.;s deux plus nobles spectacles qui autrefois avaient la.t 1 admiration de Ka„t, le «ici étoile au-dessus de sa tête, la lo, morale dans sa conscience, un seul plmsa.t encore à son austère pensée, de plus en plus <"l ->■.■.' du monde de la forme et de la co.deur et '-n.eill.e dans le sanctuaire des idées pures. Kan. "<• v.vait plus que par l'âme. Goethe vit par l'àme et I""' l|-s sens. Il vit en comnnmicalion mystérieuse avec a natiuc dont il a s.mti si profondément la vie ^ snrete qu .1 a tenté de la diviniser. On raconte que ivgul.erement, au commencement .1,. chaque hiver ses lorces s'en allaient avec le soleil disparaissant, et 'I" il passait les semaines qui précèdent le jour le l'h-s court dans un état singulier d'affaissement et de "istesse . Le mois de décembre 1823 avait été parti- '-lierement pour lui une période de grave souffrance- <;<• état maladif, se prolongeant, semblait peu à ,,e,; '■'"'■••t.;i-; mais le dimanche 21 décembre on avait altemt le jour de l'année le plus court, et l'espérance '<■ vo„. mamtenant chaque semaine les jours augmen- •'■'• 'apulement exerça sur lui l'influence la plus heu-

i. Conversations, t. 1", p. 79.

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louso. « Auionid'hni nous célc'îbrons la naissance nouvcUo du soh'il! » s'écria-t-il joyeusement en voyant à son réveil le fidèle Eckermann entrer chez lui. La boiuie humeur, la santé, toute l'activité de son esprit, tout son génies étaient revenus comme par enchantement. Les inlluences mauvaises étaient dissipées; l'hiver et la nuit s'étaient enfuis de son àme; il se sentait renaître avec le soleil.

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