‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 32 sur 140 · CHAPITRE III gj · texte numérisé non relu

CHAPITRE III gj

»l-:'='Iis.;e par l'art? Ses travaux scientilicp.os ont eu pour direction exclusive l'étude de la forme et de la coulou,, soit les études morphologiques comme la Mramorphose des plantes ou rinlroduction gênéraie a I anatomie comparée, soit les études d'optique par lesquelles il devait renverser la théorie de ' Newton. Toute a destinée de ce beau génie, poétique t scientifique à la fois, semble se résume; dans ce - <^m.er en de Goethe mourant : De la lumière ! plus de hunœre! La passion de sa vie entière s'exprimait 'l;ms .-e cri suprême; c'était son dernier regret • I ombre ou il entrait fut .sa seule soulîrance. '

. vee ce goût inné pour les belles manifestations "■ I.' nature, ,1 ne faut pas s'étonner si Goethe tenta 'I" s en emparer au moyen des ails plastiques. Ce 'I" 'I adnurait comme poète, ce que plus tard, comme ''^""'■•'lisle ou physicien, il essaya d'expliquer, la

'',"■' •"'"'•"^ «' particulièrement la forme dans les

•■"•os organiques, la forme vivante, il voulut se l'apl""l»'i«'r avec le crayon et le pinceau. Jusqu'à l'âge 'lo quarante ans, il rêva la gloire du peintre et y as- Pi'a de toutes ses forces. On eût dit que sa pas- Mon pour les beautés du monde sensible ne pouvait

'" ,r n ."■'; ^ •""'"' '^'""'' possession presque maté- "'l'K'; lemdr ses sensations avec des mots qui, tout ""'""•'■s qu'ils soient par l'art de l'écrivain, n'en sont !'••« nioms des signes, c'est-à-dire des abstractions, '■M>r'n'er la nature par des symboles qui la détruisent " abord pour la recomposer ensuite dans l'imagina- "•m de ceux auxquels ils s'adressent, tout cela ne lui ■^ullisait pas. La réalité objective devenait subjective on traversant les formes logiques ou poétiques de sa

pensée, en subissant la servitude des lois du langage et du rhythrae. Il fallait ([u'il Tatteignît plus directement en elle-même, qu'il la saisît au moins dans sa représentation réelle et concrète, ciu'il s'assiiidlàt du monde extérieur tout ce qu'il pouvait ravir, sinon la vie elle-même, la vie inimitable, du moins le mouvement, les attitudes, la couleur de la vie. « Uœilêtalt. nous dit-il, Vorcjanc principal avec lequel j embrassais le monde. Où que se portât mon regard, je voyais un tableau, et ce (jui me frappait, ce qui me charmait, je voulais le retenir par le dessin. Tout me manquait pour cela; cependant je m'obstinais à vouloir, sans aucun procédé technique, imiter les choses les plus admirables. Par là je m'accoutumais, il est vrai, à iixer les objets avec mie grande attention; mais je ne faisais cpie les saisir dans l'ensemble, le détail échappait à mon crayon inexpérimenté K » Uuiin^ il P^»i"l^ ''^"^i ^^^ ^^'^ efforts dans les arts plastiques, il les rapi)orte à cette période de ses premiers chagrins d'amour, de ses loisirs rêveurs à Francfort, après une première aventure de cœur, d'où il était sorti mécontent de luimême et châtié par une étrange humiliation. Déjii dans sa seizième année, il allait demander des consolations à la grande nature, il essayait de surprendie ces belles formes qui ravissaient son génie adolescent; mais il avoue lui-même (ju'il ne réussit jamais que médiocrement dans cet art, malgré des efforts prolongés. 11 accuse de l)oiine grâce, sinon sans regret, la lenteur de ses progrès, l'hésitation de

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