Convocations, t. H, p
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n'est pas né pour résoudre le problème du monde, mais pour chercher à se rendre compte de l'étendue du problème et se tenir ensuite sur la limite extrême de ce qu'il peut concevoir. Ses facultés, par ellesmêmes, ne sont pas capables de mesurer les mouvements de l'univers, et vouloir aborder l'ensemble dos choses avec l'entendement seul, avec la pensée; spéculative, (piand elle n'a qu'un point de vue si restreint.
c'est un travail vain. »
Ce n'est donc pas par la méta[)bysi<pie, par le travail illusoire des facultés purement subjectives, que l'on pourra résoudre, méiue partiellement, l'éni^iue du monde. Ce que l'on peut en comprendre ne se révèle qu'à l'observation intelligente et passionnée de la réalité; mais aussi (piel bonheur quand il arrive que, dans ce livre divin ouvert devant nos yeux, (pieiciue syllal)e a été déchiffrée par un opiniâtre etfort! « Il n'y a rien au-dessus de; la joie i\\io nous donne l'étude de la nature. Ses secrets sont, il est vrai, d'une profondeur infinie, mais il a été permis et accordé aux hommes de regarder toujours plus avant. Et c'est justement parce que nous ne pouvons atteindre le fond qu'elle exerce sur nous un charme éternel; toujours nous voulons approcher plus près, tenter de nouvelles découvertes. » Que de précautions ne fautil pas pour s'assurer ou pour étendre cette précieuse conquête ! Quelle vigilance î que de sagacité ! « Il est souvent arrivé à la nature de laisser échapper un de ses secrets malgré elle ; il faut épier l'occasion où elle se livre sans le vouloir. Tout est écrit quelque part, mais non pas où nous le supposons, ni à une seule place; ainsi s'explique ce qu'il y a d'énigma-