‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 36 sur 140 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

tique, de discontinu dans nos observations. La nature est un livre immense renfermant les secrets les plus merveilleux, mais ses pages sont dispersées à travers tout l'univers ; l'une est dans Jupiter, l'autre dans Uranus. Les lire toutes est donc impossible, et il n'y a pas de système qui |Miisse triompher de cette insurmontable difficulté. » Aucune autre étude ne ftiit mieux juger la force d'es- |>rit et (Tàme, la vigueur intellectuelle et même moijii<' (les honunes qui s'y livrent. Elle apprend à les connaître; tels qu'ils sont. « On n'aperçoit pas Miissi bien ailleurs les erreurs des sens et de l'intelligence, b's faiblesses et les énergies du caractère. Tout est plus ou moins élastique et incertain, et se l.iisse; façonner j>lus ou moins; mais la nature n'entend pas ces plaisanteries : elle est toujours vraie, toujours sérieuse, toujours sévère; elle a toujours raison, et les fautes et les erreurs sont ici toujours de riioirmie. Elle méprise l'impuissant; elle ne se donne et ne révèle ses secrets qu'au puissant, au sincère, au pur*. »

Cependant, quand on suit pas à pas l'histoire de l'esprit de Goethe, on est obligé de convenir que cette jirdeur de savoir eut chez lui ses irrégularités et ses écarts. Nous avons vu, dans sa première jeunesse, avec quel zèle il poursuivit les sciences chimériques, un instant même l'alchimie, dont son imagination garde des traces profondes et qui tient une si grande j)lace dans Faust. — Le grand mystère l'attire irrésistiblement. Parfois la lenteur des voies régulières

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