Conversations, olc, t. II, p
irrite son impatience ; il se jette dans les chemins de traverse et essaye de surprendre la nature, quand il désespère de la comprendre. 11 revient bien vite aux vraies méthodes et à rexi)érimentation. Lui-même a pris soin de nous exposer la suite de ses études, l'origine et la fortune de ses idées scientifiques, soit dans une série d'articles et de; mémoires sur Vhistoire de ses travaux anatomiques et de ses études botaniques, soit dans ses correspondances et ses conversations, où, revenant sans cesse sur ses occupations favorites, il montre en pleine lumière l'irritation que lui ont causée ses déceptions et ses mécomptes scientifiques, et laisse parler en liberté cette passion d'amour-propre avec laquelle il a défendu sa gloire de physicien et de naturaliste, la seule qui lui fût contestée.
Dès l'âge de vingt ans à Strasbourg, où il est censé étudier la jurisprudence, nous le voyons abandonner les professeurs de droit pour courir aux leçons d'anatomie, aux cliniipies ; puis, épris d'une science nouvelle, il étudie en géologue la vallée du Rhin; il juge sur place la polémique superficielle et souvent i)uérile de l'école de Voltaire; il perd toute confiance « dans le vieil enfant opiniâtre, » lorsqu'il apprend que, pour discréditer la tradition d'un déluge. Voltaire nie l'existence des coquillages fossiles. « Pour moi, j'avais vu de mes yeux assez clairement, sur le Baschberg, que je me trouvais sur un ancien lit de mer desséché, parmi les dépouilles de ses antiques habitants. Oui, ces montagnes avaient été un jour couvertes par les flots. Si ce fut avant ou pendant le déluge, c'était pour moi une question indifférente.