‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 38 sur 140 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

11 me suffisait de savoir que la vallée du Rhin avait été un golfe immense; on ne pouvait m'en ôter la conviction. » Il prenait j)arti pour la vraie science, celle qui n'examine que la réalité, contre la science de secte et de coterie, qui n'admet de la réalité que ce qui est favorable à son étroit point de vue; pour la théorie de Rufibn, établie sur l'expérience, contre les hypothèses ridicules de Voltaire, fondées sur la j)assion. Du reste, il proclamait nettement qu'il n'entendait faire que de la science désintéressée, « ne songeant qu'à s'avancer dans la connaissance géologi(pie des terres et des montagnes, quel que pût être le résidtat de ses recherches'. » Le véritable esprit scientifi(pie s'annonce.

A Weimar, dès le commencement de son séjour dans cette ville, qu'il devait associer à l'immortalité de son nom, c'est d'abord Linné dont il devait dire un jour « qu'après Shakspeare et Spinoza il est l'homme qui a agi sur lui avec le plus de force, » c'est Rousseau et les Rêveries d'un Promeneur, «'iiipreintes d'une sorte de piété végétale, qui absorlu'ut son attention. Dans les chasses du grand-duc, il Mimait à interroger les gardes et les forestiers sur les différentes essences d'arbres, sur le mode et les lois de la re[)roduction. \\ consultait des herboristes j)ossesseurs de recettes mystérieuses, qui de père en iils préparaient des extraits et des esprits*. Il parcourait les bois immenses de la Thuringe, cherchant à se rendre compte de la nature et de la formation

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