‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 53 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

(jui les a retenues et i\\ôcs au passage, sont restées obscures, d'autixîs sont fort contestables et impli(iuent une conception arbitraire de la nature; mais coudrien il y en a qui, semées au hasard, jetées av(»c une sorte ih ni'gligence ironique ou de hautaine indifférence, ouvrent à l'esprit de soudains et grands aperçons sur la réalité ou sur la science ! Nous en ra|)pellerons (pielques-unes (pii résument l'esprit philosophique de sa méthode dans sa hardiesse et ses témérités. (( — Propriété fondamentale de l'unité vivante : se diviser, se réunir, se déployer dans l'universel, persister dans le j)articulier, se transformer, se spéciiicT.... lormation et déj)érissement, création et destruction, naissance et mort, tout agit péle-mèle. » De là nécessité d'appliquer l'analyse et la synthèse à cette réalité fuyante : « Si toute la nature est une composition et une découq)osition perpétuelle, il s'ensuit (ju'en observant cet état de chose prodigieux, les houuues devront faire comme la nature, conqioser et décomj»oser tour à tour. » Et ailleurs : « Pour me préserver d'erreurs, je considère tous les phénomènes comme indépendants les uns des autres, et je m'elîorce de les isoler. Ensuite je les considère connue des termes corrélatifs, et par l'enchaînement ils prennent une vériliible vie. » — Du reste qu'y a-t-il au fond de cette (pierelle éternelle de l'universel et du particulier? « Ou'est-ce que l'universel? Le cas individuel. Qu'estce que le particulier? Des millions de cas. L'universel et le particulier coïncident. Le particulier est l'universel manifesté dans diverses conditions. Pour concevoir que le ciel est bleu partout, on n'a pas besoin de faire le tour du monde. » A qui sait conq)rendre

iOG MIILOSOI'IIIE DE GOETHE

les choses, toute réalité est déjà théorie, car tout fait contient l'universel. L'art est de l'v saisir et de l'en dégager. On voit d'après cela à quoi se réduit le déhat séculaire entre Taiialyse et la synthèse, entre la perception du particulier ou du détail et l'intuition de Yuniversel ou de l'ensenihle. « Ceux que j'appellerais nnivcrsalisfes sont j)ersuadés qu'avec des déviations, il est vrai, et des diversités infinies tout est présent partout et qu'on peut raèine espérer dv le découvrir; les autres que je nommerai singularis/es tendent toujours à relever les exceptions dans les cas où le type tout entier n'est pas exprime; en quoi ils ont raison. Leur tort est seulement de méconnaître la forme fondamentale, lorsqu'elle s'enveloppe, et de la nier, lorsqu'elle se cache. »

L'es|)rit analyli([U(î est le sens de l'individuel, l'esprit synthéticpie le sens de l'universel. Toutes ces querelles de l'analyse et de la synthèse sont vaines ; elles ne dureraient pas longtem[)s, si ces deux termes ne représenhiient deux familles d'esprits originellement et éternellement distinctes. Cha([ue analyse suppose une synthèse perdue ou pressentie, et si elle travaille pour quelque chose, c'est pour la retrouver. De son coté, le véritable esprit synthétique ne néglige pas l'analyse. « Pendant toute ma vie, j'ai suivi la double méthode synthétique et analytique; c'était pour moi comme la systole et la diastole de l'esprit humain, comme une seconde respiration plus intime qui ne saurait s'arrêter, dont le double mouvement se contiime toujours.... Séparer et unir sont les deux actes nécessaires de l'entendement. On est forcé, qu'on le veuille ou n(m, d'aller du particulier

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