‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 54 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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au général et du général au particulier; plus ces fonctions intellectuelles que je compare à rins|)iration et à l'expiration s'exécuteront avec force, plus la vie scientifique du monde sera llorissante. » Il faut se servir de toutes les ressources de l'esprit. L'induction (pic Goethe seud)le confondre avec la construction a priori et qui lie arbitrairement des faits entre eux, lui paraît funeste; mais l'exposition par analogie lui semble aussi utile qu'agréable, a Le cas analogue ne prétend pas s'imposer ni rien prouver, il se place en legard d'un autre sans se lier à lui. » Dans les sciences de la nature connue dans les autres, tout se réduit en définitive à savoir si la nature nous a donné |)our cela les facultés intellectuelles et morales : les facultés intellectuelles, c'est-à-dire l'intuition et le (Ion d'observation, les facultés morales, afin d'écarter, disait Goethe, les mauvais génies qui pourraient nous empêcher de rendre hommage à la vérité. Ces mauvais génies qu'il s'agit de conjurer, sont la pnssion, ramoui--propre, la prévention, le préjugé.

L'esprit synthétique, étant le sens de l'universel, est par excellence; l'instrument des grandes découvertes. « Tout ce que nous appelons invention, découverte, dans le sens élevé, est la mise en pratiqué, la réalisation remanpiable d'un sentiment originel de vérité, qui longtemps cultivé dans le silence, conduit inopinément, avec la vitesse de l'éclair, à une conception féconde. C'est une révélation qui se développe de l'intérieur à l'extérieur, qui fait pressentir à riionnue sa resseuddance avec la Divinité. C'est une synthèse du monde et de l'esprit qui nous donne la plus délicieuse îTssurance de rélernclle harmonie de

l'être. » Co sons intuitif peut arriver dans certaines natures privilé<rices à une sorte d'identité momentanée avec la réalité. « Il est un empirisme délicat qui s'identifie prorondément avec l'objet, et |)ar là devient science; mais cette exaltation des facultés intellectuelles ap[)artient à une épocpie très avancée. » Toute cette théorie de l'invention ou d(i la découverte repose sur cet aphorisme, empreint d'une sorte d'inspiration platonicieime : « Il existe dans la réalité, dans l'objet, une loi incontme (pii ré[)ond à une loi inconnue dans le sujet, l'esprit humain. » Le génie consiste à découvrir cette loi cachée dans les profondeurs muettes des choses, et dont il })orte en soi la fonuule encore inaperç^ue.

Voilà ce (pie l'Allemagne a nommé le rcalisnie de (ioethfî, et ce que lui-même a|)pelle Vonpii-isnic inteUeduel. Ijupirisme sans d(uite, j)uis(jue (ioethe ne souffre pas (pie l'on construise a priori le monde, qui, étant l'épanouissement libre et varié de la vie, ne peut se réduire aux formes étioites d'un système; mais empirisme dirigé par l'intuition, guidé par la plus belle et la plus pure lumière de la raison, essayant de réaliser « cette synthèse du monde et de l'esprit » qui s'accomplit par la conformité d'une grande conception avec la loi des choses; — i^npirisme singulièrement large, puisqu'il ne se refuse même pas à concevoir un certain idéal qui, pour nous aider à comi)rendre la réalité, la corrige ou la com|)lèto sur certains points (par exemple le type anatomique, vrai sans être réel). La difficulté est de distinguer cet idéal, qui n'est que la perfection de la réalité conçue par l'esprit, des conceptions vaines et pourtant spé-

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