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CHAPITRE IV

enlin des vues si neuves, d'une précocité presque incroyable dans cette enfance de la science, sur les j)hénomènes de l'embryogénie et sur ceux de la tératologie, qu'Aristote affirme « n'être pas contraires à la loi », voilà certes qui montre assez nettement avec (pielle puissance de |)enséc le maître a dominé l'ensemble des manifestations naturelles dont la multitude désordonnée aurait dispersé ou accablé tout autre es|)rit* . Nous insistons sur ce grand nom d'Aristote, j)arce qu'il a été particulièrement maltraité par l'école d(» la synthèse, et qu'il semble que cette école doive triompher aisément d'un adversaire placé par le hasard de sa naissance aux origines mêmes de la science; mais les anticipations vraiment merveilleuses ih ce l)eau génie doivent le protéger contre des criti- (jues (jui l'ont tnq) peu connu, et qui, en attaquant le vieux maître, avaient en vue des rivaux plus jeunes et vivants.

Si nous descendons le cours des siècles, que de noms d'observateurs et de naturalistes excellents n'aurions-nous pas à défendre contre l'arrêt trop sounnaire de proscription lancé par Goethe du haut de la science moderne? Partout il laisse percer cette conviction, qu'avec Geoffroy-Saint-Hilaire il a inauguré une ère nouvelle dans l'histoire des sciences de la imture; mais, pour ne citer que Linné, dont Goethe p;u'le avec vénération, tout en lui accordant peu de chose en dehors de la perception fine des détails et du sens des classifications, n'est-ce pas lui quia fourni

1. Consulter sur ce sujet uue étude, présentée sous la forme d'une tli«'se à la faculté des lettres de Paris : Aristotelis philosophia zoolo» '/ira, |):»i- M. Philibert, 18634

les germes de presque toutes les idées générales écloses plus tard dans la |)hysi()l()gie végétale ? N'est-ce pas dans sa Philosophie ho/aiiiffue qu'a été prise l'idée mère de la métamorphose des [)lantes (Principîum florum et foliorum idem est? N'est-pas enfin cet es[)rit si |»énétrant et si juste (pii a exi)rimé avec j>récision la loi de continuité dans l'organisme végétal (natura non facit saltiis) et h [)rinei[)e de la constance dans la position relative des organcîs, dans la disposition générale des parties de la Heur (situs partiian constantissinins} , |)rincipe qui, trans[)()rté dans l'anatomie comparée, deviendra la loi de la connexion des organes? N'y a-t-il pas là une application vraiment remanpiahle de la méthode synthétique que Linné pratiquait sans la connaître, [)ar le seul instinct d'un esprit supérieur que sa supériorité met de niveau, en tout ordre de science, avec les lois générales? Enfin avons-nous à défendre Cuvicr contre les critiques qui ne l'ont pas épargné? A qui persuaderat-on qu'il n'avait pas le sens véiitahlement synthétique, le sens intuitif et divinateur, le sens par excellence des grandes découvertes en histoire naturelle, celui qui, en s'enq^arant avec tant de puissance du principe de la connexion des caractères, à l'aide de ce principe, a reconstruit avec les plus iidormes débris tout un monde organique enfoui, disparu dans les profondeurs de la terre et dans la nuit des temps ? Ce sont là des divisions tro[) artificielles, trop arbitraires, introduites par Goethe et Geoffroy- Saint - Ililaire dans l'histoire des méthodes et des sciences de la nature. La vérité, c'est qu'il y a là, comme ailleurs, de grands et de petits esprits : — ceux-ci, ana-

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