CHAPITRE Vî
slance matérielle. « De là ressortait p«)ur lui la ])olalité primitive de tous les êtres, laquelle pénètre et vivifie rinlinie variété des phénomènes. » Il v(>yait partout sourdre la vie dans la matière : soit (ju'il la considérât en physicien ou en chimiste, la vie à son prcMuier degré lui apparaissait sous la foiiue de Tattraction et de la répulsion iimées à hi molécule; soit qu'il la considérât en naturaliste, il trouvait là surtout la vie, dans celte force de méhunorphose (pii translonne dans l'individu un organe en tous les autres organes, identiques à leur origkie, distincts dans l'achèvemeiit du cor|)S organisé. Tar ces deux voies, il anivait à ce principe de la matière essentii^llement vivante, (pi'il appelait Vhfjloz.oïsnic et (pii devint l'article fondamental de son credo philosophi- (pu». « DiTiie/ une pierrre, un (échantillon de granit : vous y trouverez inscrite la loi la plus ancienne de la natmv. Considérez bien cet ('échantillon : vous y voyez un élément qui en cherche un autre, le pént'tre, et par cette combinaison en cire un troisième. C'est la au fond le n'sumé de toutes les o|)t'Tations de la nature. Oui, là est écrit un document de l'histoire juimitive du monde. — Ceci (^st de l'argile, disent nos naturalistes, cela est de la silice! Ceci est ceci, et C(;la est cela î Quand je sais tous ces noms, qu'est-ce (pie j'ai ua'iné?Ce (lue ie veux connaître, c'est ce qui dans l'univers anime chaque élément, de telle sorte qu il cIkmclie les autres, se soumet à eux ou les domine, suivant que la loi qu'il a en lui le destine à un r(jle plus ou moins élevé ^ »
i. Conversations y t. I, p. 429. y
152 PIlILUSuniiK I)K GnKTHi:
Los jifliiiit/'s rliimi((n('s, los foiros (rattrîiclion cl de ivpulsion, la |)()l;n'if('' priiiiitivi^ do tous los ôlros, ;mtnnt (l(; noms dilTôicMits d(nni(''s pai* la scionco à oclli* iiii|)ulsioti initiale do la vio dôposôo dans cliafino niolôculo do la niatioro, ot (|ui ost lo rossort (U^ son aotivitô inôpnisahlo, lo ])rinci|)o do toutes sos niotaïuorpliosos. Copondant oliarpn» jiartio iU^ la substanoo univorscllo, dôposilaii-o d'un IVagniont do la l'on»' uiiiversollo, n'ost pas dostinôo au uioiuo rolo (pio louh; nutro partio; los ôlôuionts se oliorohont los uns los autres pour so souuiottro wu doruinor. Do uiouio, dans l'cu'dro sup('u'ioui* dos pliônouiènos cosiuicpios. oiiacpio IVa^^iuont de la vio univorsollo (pio nous aj)polons uno (hne ost destiné dans l'organisme dos mondes à \m rolo j)lus ou moins élevé. Ainsi se crée l'ordre par la lnéiaroln(^ dos phénomènes ot dc^ êtres. (loollio empruntait à Loihnil/, son langage pour tiaduire ici sa j)onsée. « Les derniers éléments primitifs de tojis los êtres, et pour ainsi dire los points initiaux do tout ce qui apparaît dans la nature, so ï)artagent on dilTérontos classes. On peut les aj)polor des âmes, puiscprollos animent tout, mais appelons-les \AuU)i monades ; gardons cette vieille expression leibnitzienno pour mieux exprimer la simplicité de l'essence la plus simple. — Il y en a do si petites, do si Taihles, (ju'ollos ne sont propres (ju'à uno existence ot à un service subordonnés; d'autres au contraire sont très puissantes et très énergiques. Celles-ci attirent de force dans leur cercle tous les éléments inférieurs qui los aj)proclient, ot les font devenir ainsi partie intégrante do ce qu'elles doivent animer, soit d'un corps humain, soit d'une plante, soit d'un animal, soit d'une organisation plus haute, par
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exeuq)le d'une éloile. Elles exercent cette |)uissancc alliaclivi» jusfpi'au jour où apparaît formé tout entier lo mon<lo, petit ou grand, dont elles portaient au fond (relies-mémos la pensée. H n'y a (|U(; ces monades attraclivos (pii méiilont vraimoni lo nom dàmes. 11 y a donc do^- monades de mondes, des âmes dv uKMidos, c(Mume do^' monades, di'<' àiuos de four mis. Ces âmes si différentes sont, dans h'ur (uigine première, dos essences, sinon idonti(pu's, du moins parentes par lom* nature. Charpie soleil, clnupio planète |>orte en soi-même une; haute i<léo, l'idée d'une destinée, (pii rond s(m dévolopjM'mont aussi régulier* ot soumis à la même loi que le dév<'lopj)emont d'un rosier, (pii doit être tour à tour fouille, lige ot corolle. Vous j)ouv(»z nonnuor celle puissance une /V/cV, une monade, comme vous voudrez, j)ourvu (juo v(uis compreniez bien que cotte idée, colle infenlion intérioiu-e ost invisible, et antérieun^ au développement qui apparaît dans la nature et (jui émane d'elle ^ »
La vie est donc partout dans la matière, répandue à Ilots connue d'une source inlarissal)lo, ot la remplissant d'une activité incessante, réglée par certaines intentions (pii deviennent dos êlres, chacjuo être n'étant qu'une intention, une idée réalisée. Où résident ces intentions avant d'agir plastiquemeiit dans la matière? De quel ciel intelligible tondjont ces idées? On ne le dit |)as. Il ne faut pas trop presser dans le détail ces diflVM-onles conceptions de Coetlie sous peine d'en voir sortir, sinon des contradictions, du moins des conséquences fort difficiles à concilier entre elles. Ou'il