Conversations, t. I, p
170 nilLOSOPillE DE GOETHE
individu. La beauté morale peut devenir ainsi une doctrine et se répandre sous la forme de la parole dans
les multitudes. .
Pour les natures supérieures, tous ces mterme- (Uaires sont inutiles, car il se produit en elles ime révélation permanentes du beau moral à bupielle elles peuvent s'abandonner en toute sécurité. Klles-memes, par leur propre force, apprennent à s'affrancinr de toutes les servitudes, de tous les jou^s de la superstition ou de l'opinion. « Portez votre regard au dedans de vous-mêmes : dans les profondeurs de votre être, vous trouverez un guide auquel tout noble esprit se confie sans réserve. Aucune règle ne peut la vous manquer car la conscience libre est le soleil de votre jour morale » La véritable règle est celle (jue toute àme noble puise en soi. - Dans la même veine d'idées je rencontre un aperçu singulièrement didicat, c est cette maxime cpie je voudrais voir inscrite en lettres d'or à coté des plus belles inspirations morales de Kant : « Le devoir consiste à aimer ce que l'on se commande à soi-même ^ » Cela me sembb» être un amendement très luMireux à la doctrine trop dure deVwipc ratif catégorique. La perfection morale pour l'austère penseur de Kœnigsberg est d'accomplir, coûte que coûte, ce que la raison i)ratique commande, sans même y mêler une émotion. Il ne se soucie guère d intéresser la sensibilité à l'accomplissement des ordres de la raison; il s'en défie même, il redoute la moindre intervention du sentiment dans le commandement abstrait, conçu sous sa forme la plus universelle. On
1 Pensées en prose. Maximes et Réflexions, septième partie. 2. Poésies, — Dieu et le Monde, — Testament.