‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 84 sur 140 · CHAPITRE VJÏ i^y · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJÏ i^y

lade. « Goethe nous a donné une grande inquiétude : il a été pris dans la nuit d'mi violent coup de sang,' et il a été toute la journée tout près de la mort, ''w Ses quatre -vingts ans faillirent être foudroyés par cette douleur. Grâce à son incomparable orgamsation, il resta vainqueur. Il écrivait à son ami /elter : « Mon seul soin, c'est de maintenir l'équiï;l>i"<^ pliys.que; le reste ira de soi. Le corps doit, l esprit veut. Celui qui a une fois ordonné à la vohmte sa route n'a plus à s'inquiéter beaucoup. » Kt toute cette crise se terminait [)ar ce cri, héroïque à sa manière : « Allons!.... l>ar-dessus les tombeaux, en avant ' ! »

Du res((^ ces fières théories sur les devoirs de 1 '"»""ne envers son génie intérieur, sur la révélation r<''''''''"('ntc des grands instincts dans la ctmscience sur raffrancliissement de la liberté, en général toute * la j»hilosoplne de Goethe étaient à Tusage, non pas dn genre humain, mais seulement d'une i.npcTceptible "•"7''*^'' *••'"'' q"i ^'H était digne par sa haute culture •"««'"<^<'t"Hle. Lui-même disait que ses idées, comme ses ouvrages, ne pourraient jamais devenir populaires. Il s en consolait en pensant que tout ce qui estgrarid, vraiment intelligent, est en minorité. « Il y a eu des "iinistres (p.i ont eu contre eux peuple vi roi, et qui étaient obligés de poursuivre seuls leurs grandes idées ), « N'espérons pas que la raisrm soit jamais P^»PNlaIr(^ Les passions, les sentiiiKmls, peuvent devenir populaires; mais la raison restera toujours la propriété exclusive de quelques élus.... Épicurc

i. Corner xnfwuxA. II. p. '2'27.

l^^) PIIILOSOPIIIE DE GOETHE

n'avait pas tort quand il disait : « Ceci est juste, car le peuple le trouve mauvais. » Il y a un mystère dans la philosopliie aussi bien que dans la. religion. Le degré uioven de rinlelligence humaine n'est pas assez éle'vé pour qu'on puisse lui soumettre un si immense problème et pour qu'elle soit choisie coumie dernier juge en pareille mMière. La lumière générale d'un siècle en se répandant sur l'intelligence de chaque individu, ne peut éclairer (pie le cercle très étroit dans lequel s'exercent les facultés pratiques.... On ne doit au peuple (pie les rcsultafs. Les résultats de la philosophie, de la politi(pie et de la n^ligion, voilà ce qu'on doit hii donner, voilà ce qui lui sera vraiment ntile: mais il ne faut i>as vouloir des hommes du pcui)le faire des philosophes, des prêtres, des hommes d'Etat.... La faculté de comprendre les hautes idées est très rare, et en conséquence, dans la vie ordinaire, on fait toujours bien de garder ses idées pour soi et de n'en montrer que ce (pii est nécessaire pour nous dimner (pi(dque avantage sur les autres». » En cela encore, il faut le dire, (loethe était tout à fait f.rec, un vcnitable Athénien. Il étîiit bien de (^(4te civilisation d'artistes pour (pii riimnanité digne de ce nom se résumait dans vingt ou trente mille honunes, et pour (|ui la barbarie commençait aux portes de la cité. Pour Goethe, rimmanité, c'étaient ses ('gauxdans chaque siècle, ceux qui ont un nom dnns l'histoire. Le reste était la f(mle anonyme, l'être collectif, le «lueur de la trag('»die antique.

Le môme caractère se marque dans la théorie qui

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