‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 86 sur 140 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

nature de la disparition des puissances qui animaient de pareilles âmes. — Et, reprenant sa conception des monades, il exposa une très curieuse théorie de la mort et de ce qui la suit. La mort arrive quand, dans un système de monades qui est l'organisme complet, la monade principale, la monade reine, dégage les autres monades, ses anciens sujets, de leur fidèle service. Ce départ, il le considérait, ainsi que la naissance, connue un acte libre de cette monade principale, le chef du chœur. — Toutes les monades sont par essence tellement impérissables, que même au moment de la dissolution, leur activité n*est ni suspendue, ni ])erduc; à ce moment-là même, cette activité se continue. Les anciens rapports au milieu desquels elles vivaient disparaissent, mais sur-le-champ elles entrent dans de nouveaux rapports. Chaque monade va rejoindre les monades de son espèce, là où elles sont, dans l'eau, dans l'air, dans la terre, dans le feu, dans les étoiles, et le [)enchant secret qui les y conduit renferme en même temps le secret de leur destination future. — Les âmes vulgaires, celles qui n'ont pas développé les éléments de leur être par la liberté et par la pensée, qui n'ont conquis une personnalité durable ni par l'action, ni par l'art, ni par la science, celles qui ne se sont remplies que de triviales images et de basses occupations, que celles-là soient saisies à leur sortie du corps humain par des monades d'ordre inférieur, où est le mal? Elles perdent leur rang et vont se perdre dans la plèbe obscure des mondes, mais les monades supérieures, si nous voulons faire des conjectures, à quel rôle brillant ne sont-elles pas promises ! « Je ne vois pas vraiment ce qui pourrait

crnnôcl«>r la monade à laquelle nous devons l'apparition de Wicland su.- noire planète de pénétrer, sous sa nouvelle forme, les lois suprèn.es de cet univers. Le travail assidu, le zèle, l'intelligence avec laquelle elle s'est assiu.ilé tant de siècles de l histoire de oe monde, la rendent digne de tout. Je ne serais nullement étonné si, dans les siècles, je rencontrais Wielan.l, monade d'un monde, étoile de première grandeur, éclairant tout ce qui l'entoure d'un jour aimable, répandanttoutautourd'ellelerafraîchisscmentetlajoic

Qimnd on pense à l'éternité de ces àincs, on ne peut accepter pour elles d'autre destination que celle .le prendre une part éternelle aux joies des dieux en l'associant à la félicitédont ils jouissent comme forces créatrices. A elles est confiée la naissance perpétuellement nouvelle de toute création '. »

Ces âmes immortelles doivent avoir conscience du passé, mais seulement si on entend la conscience d'une façon générale et historique. Les événement insignifiants et purement personnels tombent dans la nuit; le souvenir n'éclaire que quelques grands moments. Les événements considérables de 1 histoire du monde seuls sont dignes d'entrer dans une seconde mémoire. Tout le reste doit périr. Il y a la, selo Goethe une belle explication de ces subites clartés du Se s'ur les grandes lois qui ont présidé à la naissance de l'univers. Une forte tension de l'esprit n aurait pas suffi : il a fallu un souvenir qui, comme un éclair, illumine nos ténèbres, souvenir de la création a laquelle notre âme peut-être assistait. Ainsi la monade d un

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