‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 94 sur 140 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

hardie. Us sont bien sur la voie (pii conduit au rapprochement entre l'AUemagne et la France; ils forment une langue (pii est tout à fait propre à faciliter l'échange des idées entre les deux nations. » Il suivait avec un intérêt passionné les cours de la Soibonne. « Pour se mettre au courant de la littélatui'e hancaise contemporaine, on devra lire les leçons prononcées et j)ubliées depuis deux ans par (iuizot [Cours (T histoire moderne) , A'illemain {Cours (le litléralure française). Cousin (Cours cV histoire de la philosophie).... Ils ont tous trois une vue étendue et pr()fonde, ils unissent une connaissance parfaite du passé à l'esprit du dix-neuvième siècle, et cette alliance fait vraiment des merveilles Avec cela,

im espiit, une |)énétralion, un talent pour épuiser un sujet î C'est admirable î On croirait les voir au pressoir. » Et faisant à M. Cousin, le seul des trois grands professeurs (pi'il connut personnellement S

1. M. Cousin a vu trois lois rillustrc iMièto à ^Vl'ima^, on 1817, en IX'25, en \K}\. Il nous a donne «l.ins ses Souvenirs et Fragments le H'cit (le ses entreli«'ns avec Goethe et «le ses impressions personnelles. .\ons croyons devoir en extraite ee poi'lraitdu jjoète (en 1817) : « Goethe ost nn honune denviron soixanle-neul" ans; il ne ma pas paru en avoir soixante. 11 a «|uel«jue chose de Talma avec un peu plus d'eml«>iipoinl; pi'ul-ètre aussi est-il un peu plus grand. Les lignes de son visage sont grandes et bien niar<|uées : front haut, ligure assez large, mais hien projMutionnée, houche sévère, yeux pénétrants» • •xprrssion générale de réilexion et de lorce... Le geste rare, mais pittolesque, riiahitiide générale grave et imposante... Il m'est impossible de donner une idée du charme de la parole de Goethe : tout est individuel, et cependant tout a la magie de rinflni;la précision et l'étendue, la netteté et la force, l'abandon et la simplicité, et une grâce indéfinissable sont dans son langage. Il finit par me subjuguer, et je l'écoutais avec délices. Il passait sans effort d'une idée à une autre, répandant sur chacune une lumière vaste et douce qui m'éclairait et m'enchantait. Son esprit se développait devant moi avec la pureté, la facilité, l'éclat tempéré et Ténergique simplicité de celui d'Homère. >

VIIILOSÙIMIIK DE (;OKTI(K

le plus grand lioinieur qu'il pût faire à un de ses contemporains, il transportait dans sa pensée, en la modifiant à sa manière, la célèbre théorie que M. Cousin impose au développement de l'histoire de la philosophie. Il aimait à appliijuer aux cpiatre âges de la vie la division et la succession des (fuatre systèmes, a La philosophie, disait-il, répèle toutes les époques que nous avons traversées nous-mêmes. Enfants, nous sonunes sensualistes, — idéalistes, quand nous aimons et que nous mettons dans l'ohjet aimé des qualités qui vraiment n'y sont pas. L'amour chancelle, nous doutons de la fidélité, et nous devenons scepticpies sans le savoii*. Le reste de la vie se passe dans l'incfifférence ; nous laissons les choses aller connue elles veulent, et nous finissons par le quiétisme, tout comme les philosophes indiens*. » Dans ses Pensées détachées, nous retrouvons la même idée sous une autre forme, avec cette variante inq)ortante à la fin : « Le vieillard s'attachera toujours au mysticisme ; il voit que mille choses semblent dépendre du hasard, (pie la déraison réussit, (pu^ la raison échoue.... Tel est le monde, tel il fut, et le grand âge se repose en celui qui est, (pii fut et qui sera^ »

La dernière lettre que le poète ait écrite (samedi 17 mars 18r)!2) expose avec précision ses idées sur l'accord possible et même nécessaire entre l'originalité de la pensée et les enq)runts (pi'elle peut faire en dehors d'elle-même. — Les plus riches facultés in-

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