CHAPITRE IX
lui-même son sort et ses destins. Le drame de Shelley celèhre la di'livrance du vieux captif du Caucase par ravènement d'une foi nouvelle, la foi à la puissance de la nature, seule maîtresse, seule reine, la mort des vieilles superstitions, la destruction des vieilles tyrannies. L'idée de Goethe tient le milieu entre celle de Kyron et celle de Shelley. La croyance philosophique (pii l'inspire, c'est la grande antithèse du destin, résumant toutes les lois mécaniques et physiques dont se compose Tordre universel, et de l'activité libre, qui n'a de limites (pie la fatalité des choses; c'est l'opposition et le rapport de la nature et de l'homme qui s'agite au sein de l'ordre universel, s'en distinguant |)ar sa volonté, sans pourtant arriver à s'en séparer jaiuais; c'est le problème i\o la liberté humaine, de toutes parts envelop()ée par la nécessité : pure illusion selon le spinozisme consé(pient; insoluble énigme pour les j)antliéistcs.tels que Goethe, qui ne vont pas jns(prau terme de la logi(pie, aussi loin (pie les conduit le principe de l'unité absolue. 11 n'y a que deux réalités, selon Goethe, en face l'une de l'autre : la nahire avec l'ensemble des fatalités dont elle se compose, riiomuKî avec sa pensée et sa volonté lil)re. Toute puissance qui ne serait ni la nature ni riiomme ne pourrait trouver son lole et sa place dans l'ordre des choses éternelles. L'universelle fatalité la rendrait inutile, et par consi'quent la supprimerait. S'ils (existaient, ces pouvoirs supérieurs à l'hoinuK; ne seraient euxinèmes que les vassaux du destin; et dès lors de quel droit régneraient-ils sur nous, étant vassaux comme nous?Osons suivre jusqu'au fond la pensée de Goethe. — 11 n'y a rpie les enfants en détresse qui puissent le-
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