AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR XV
religieux, grands ou petits, soit «n élément de folie. C'est là, selon le biographe de David Lazzaretti, l'erreur capitale et puérile èe son illustre compatriote Lombroso. Quoi qull en soit, il est intéressant de noter que, dans les aventures du « saint » et dans celles de «es disciples, il ne fut jamais question ni d'argent ni de femmes. Quelques-uns y perdirent leur patrimoine en entier, et ne se plaignirent pas. C'étaient et ce sont — car le prophète d'Arcidosso a conservé des adeptes fidèles — des âmes chrétiennes comme on en trouvait au moyen âge, des âmes naluraliler chrisfianse, suivant le mot de TertuUien. David, en effet, protesta toujours de «on dévouc^nent au catholicisme et était enthousiaste de Pie IX, qui fécoula, le bénît, et le congédia en paix. Mais, comme le dit finement son biographe, « Rome a toujours regardé d'un œil soupçonneux ces natures mystiques, imaginatives, dominées par une seule idée, les moins propres de toutes à servir les desseins patients de sa politique, qui, surtout depuis le concile de Trente, n'a été au fond qu'une série d"'habîles compromis avec le pouvoir laïque auquel elle s'appuyait. Elle s^est toujours servie des plus grandes et des plus fortes de ces âmes, quand elle a pu les faire siennes et les discipliner à ses propres fins ; celles dont elle doutait, elle les a toujours repoussées loin d'elle. David... devait apparattre ce quMl était en réalité : une âme rebelle à tout frein^ prête à tout, excepté à ce reniement de soi-même qui est la preoiière condition pour serv^ii* efficacement qaelqîïe grande idée impersonnelle. Un tel homme aurait été, aux premiers siècles du christianisme, un hérésiarque ardent, le chef de quelque