‹ La philosophie de H. TaineChapitre 11 sur 51 · XVI AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XVI AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR

secle religieuse, disposé à subir le martyre pour sa « gnose ». En plein moyen-âge, il serait devenu un « millénaire », un « flagellant », et, s'il était né en Allemagne, un « frère de TEsprit saint », un adepte de maître Eckart ou de Jacob Bœhme. Italien du dixneuvième siècle, il ne pouvait rester longtemps sous la discipline de la propagande catholique cléricale dirigée par TÉglise romaine. C'est ce que Rome comprit immédiatement ».

David Lazzarelli a eu beaucoup de succès; il s'en vendit plusieurs milliers d'exemplaires en quelques mois, et c'est l'ouvrage de M. G. Barzellotti qui a été le plus lu, en dehors du public spécial qui s'intéresse aux questions philosophiques (i). C'est, en même temps qu'une étude d'histoire religieuse, une œuvre de style et d'art. Il fut l'objet d'un très grand nombre de comptes rendus tant dans la presse italiennne qu'étrangère. Guy de Maupassant lui consacra un premier-Paris de trois colonnes dans le Figaro, M. Perrens, le savant auteur de V Histoire de Florence, chercha à deviner, à l'aide d'une enquête psychologique subtile, dans la Nouvelle Revue, l'énigme" de l'âme du « Savonarole rustique », comme il le nommait. Miss Mary Robinson, la poétesse distinguée, future épouse du très regretté James Darmesteter, caressa de sa plume délicate et presque éthérée la figure de David. Ruggero Bonghi, l'illustre publiciste

(i) Le livre a été mis à l'Index. Il se trouve (railleurs en excel.lente compagnie sur ce gros catalogue, qui marque d'un doigt prohibitif tous les flambeaux de l'esprit humain, depuis Abélard, qui ouvre alphabétiquement la série, jusqu'à Voltfxire, qui la clôt à peu pré?», en passant par Descartes, Montesquieu et Renan.

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napolitain, si grand ami de la France, 1 étudia au point de vue critique dans la Caltura de Rome et VAihenœiim, de Londres. Ernest Renan adressa à l'auteur cette lettre qu'il est intéressant de reproduire : « Je vous remercie bien vivement de Tenvoi que vous avez bien voulu me faire de votre précieux volume sur Lazzaretti. Vous avez parfaitement vu l'intérêt des faits d'Arcidosso, et votre livre est un modèle de la manière dont ces sortes d'enquêtes doivent être faites. C'est un document infiniment précieux pour l'histoire critiqua des. religions. En particulier, le. mouvement galiléen du i^'' siècle de notre ère et le mouvement ombrien de François d'Assise en reçoivent de très vives lumières. Pour faire scientifiquement l'histoire des religions, il est presque aussi important de bien connaître les tentatives avortées que celles qui ont réussi. Dans le passé, les documents sur les tentatives avortées sont très rares. Un fait de ce genre, se déroulant au grand jour de la publicité et analysé avec le soin et la sagacité que vous y avez mis, constitue un phénomène unique et de la plus haute valeur ». Enfin, M. Maurice Vernes, dans un article de la Bévue philosophique de M. Th. Ribot, conclut en ces termes au sujet de ce livre :« La monographie de M. Barzellotti est un petit chef-d'œuvre en son genre. Le talent du narrateur, le soin donné à la description du paysage où se développent les principales scènes, le rapprochement essayé avec les diverses tentatives mystiques du moyen âge italien, tout cela fait de son étude un des documents les plus attrayants, les plus captivants par places. Il est à désirer que cette œuvre si délicate, si achevée,

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