AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR XXIII
{Temps ^ Peuples et Hommes), où il étudie tour à tour la France, rAUemagne, T Angleterre, Tltalie, dans leurs périodes historiques les plus caractéristiques, telles que la Renaissance et la Révolution, et dans leurs personnalités surtout représentatives et typiques. Quelques critiques voient en lui le premier essayiste de P Allemagne. « Moins neuf et hardi que Taine, dit M. G. Rarzellotti, mais aussi moins systématique et moins hasardé que lui, il le dépasse sinon par Tampleur de la toile critique, du moins par la finesse et par la variété du travail, par Tabsence de tout artifice de système et d'école »» Son œuvre la plus importante devait être son Histoire de France sous le règne de Louis-Philippe j dont il n'a publié que les deux premiers volumes. L'abondance documentaire de ces deux tomes, la vigueur de jugement et la finesse psychologique qui s'y révèlent, en particulier dans les portraits, font vivement regretter les trois autres, qui auraient complété l'œuvre.
Karl Hillebrand, homme d'une distinction exquise et d'un charme sympathique irrésistible, un beau type d'Allemand blond, élancé et de haute allure, aux yeux bleus à la fois pleins de bonté et pétillants de malice, a laissé, môme après la guerre, plus d'un bon souvenir en France, et je n'oublierai jamais en quels termes élogieux et émus Renan et Taine — pour ne rien dire de M. Gabriel Monod — m'ont jadis parlé de lui. Je suis heureux d'avoir trouvé enfin l'occasion, depuis long^ temps cherchée, de payer à mon cher maître disparu le tribut de ma bien sincère gratitude. Et cette page même, à tout prendre, n'est pas ici un hors-d'œuvre,