‹ La philosophie de H. TaineChapitre 19 sur 51 · XXVI AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XXVI AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR

haut rôle historique, mais celui-ci est provisoire. A un cintre en succède un autre, à mesure que le dessin (le l'édifice s'agrandit et que d'autres architectes y mettent la main. D'autre part, la philosophie n'a pas [»erdu pour cela sa fonction dans la science. Elle nous donne la critique de la science. Mais elle ne peut être plus, elle n'est [dus désormais, elle aussi, qu'une Jurande collaboration même dans la recherche de ce vrai que j'appellerais humain^ et qui n'est, lui aussi^ que le produit d'une sublime collaboration des esprits et des civiHsations humaines, le produit d'une conscience sociale, historique, collective, qui se développe, se fait dans le temps. Sur ses données, aussi sûres que sont vagues et incertaines celles de la conscience individuelle, où se l'enfermait la vieille psychologie, s'élève aujourd'hui une donnée nouvelle^ qui, si pour le moment elle n'est pas entièrement de la science, est cependant une promesse certaine de science. Le système métaphysique, entendu comme tentative de pénétrer l'essence de l'univers, s'il sort, comme chez Platon, de l'œuvre créatrice d'une âme géniale, est de l'art, et de l'art des plus grands et des plus vrais , s'il sort de la foi inspirée et de toute l'âme d'un peuple et d'une race, il est religion. Et rien ne dit que l'art et la religion n'expriment pas chacun en soi, comme fait de son côté la science, une forme du vrai irréductible aux autres formes ». En un mot, acceptant les conclusions de la critique de Kant, M. G. Barzellotti croit impossible la construction d'un concept et d'un système définitif de l'univers; il pense, au contraire, qu'il est possible, et conforme aux exigences de l'esprit de notre temps, de

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