DE LA TRADUCTION FRANÇAISE
La traduction française de ce volume sur Hippolyte Taine forme une seconde édition du livre italien, publié en 1 896. Cette seconde édition a non seulement été revue avec soin, mais considérablement augmentée. Les quatre parties primitives s'élèvent ici à cincj, et les deux premières, par suite des additions et des modifications qu'on y a faites, peuvent être dites à peu près nouvelles. J'ai cru devoir y introduire un exposé assez large des années d'apprentissage de Taine et de la période de formation de sa vie intellectuelle, sur laquelle ont été mis en lumière, depuis la publication de mon livre, des faits et des détails biographiques de beaucoup d'importance.
J'ai accepté très volontiers la proposition que m'a faite M. Félix Alcan de publier en français ce livre dans sa « Bibliothèque de philosophie contemporaine » si répandue ; mais, au lieu du simple titre : Hippolyle Taine, que porte l'original italien, je l'ai inti-
Barzellotti. 1
tulé : La Philosophie de H, Taine^ afin d'en exprimer exactement le but et le dessein. J'aîcru devoir donner, dans la deuxième partie, im plus grand développement à ce qui concerne les affinités entre la doctrine (lu philosophe français et les doctrines de Benoît Spinoza et de Georges Hegel. Ce qui m'a fourni l'occasion de mieux éclaircir les idées, déjà exprimées par moi, sur ce point si vital de la pensée de Taine, c'est le vigoureux ouvrage de M. Victor Delbos : Le Problème moral dans la philosophie de Spinoza et dans rhistoire du spinozisme (1898, Félix Alcan). Sans être toujours et en tout d'accord avec l'auteur, je crois cependant que la lumineuse démonstration, faite par lui, delà façon dont les doctrines de VÉthique se sont transformées en passant à travers l'âme germanique, est la meilleure preuve de l'influence profonde exercée, à mon avis, par le spinozisme de Gœthe sur celui de l'auteur de VHisloire de la Littérature anglaise.
Pour mettre bien en lumière les divers aspects sous lesquels peut être examinée la figm-e intellectuelle du philosophe français, j'avais tenu compte, lorsque j'écrivis mon livre, des principaux jugements que des écrivains de valeur, en France et à l'étranger, avaient portés sur l'œuvre de Taine, de son vivant et au lendemain de sa mort; de ceux de ses adversaires les plus décidés (il suffit ici de nommer E. Caro), aussi bien que de ceux de ses amis et de ses adeptes. La bibliographie des critiques de ses doctrines s'est accrue spécialement dans ces tout derniers temps. Ce qui mérite d'être noté, c'est qu'aux regrets provoqués dans tous les pays par la mort du grand écrivain et dont la presse se fit l'écho, et aux deux ou trois