‹ La philosophie de H. TaineChapitre 31 sur 51 · SUR LES ÉLÉMENTS DERNIERS DES CHOSES · texte numérisé non relu

SUR LES ÉLÉMENTS DERNIERS DES CHOSES

tructibles qui, selon Heimholiz et Thomson, constituent les atomes ; plus le tourbillon est rapide, plus ses éléments sont rares à la partie centrale ; c'est aux mathématiciens à déterminer les conditions dans lesquelles peuvent se produire de tels tourbillons dans un milieu homogène, et particulièrement dans un milieu composé de centres répulsifs. Soit un de ces tourbillons en un point quelconque de Téther ; il subit dans toutes ses parties la pression uniforme de Téther environnant, et, cette pression étant égale dans tous les sens, il demeure immobile. A présent, soit à une distance quelconque un autre tourbillon. De ce côté, en ligne droite, la pression sur le premier sera d'autant moindre qu'il y aura moins de centres répulsifs, c'est-àdire plus de vide dans le second, et, réciproquement, toujours en ligne droite, la pression sur le second sera d'autant moindre qu'il y aura moins de centres répulsifs, c'està-dire plus de vide dans le premier. Ils seront donc poussés en ligne droite l'un vers l'autre avec une force proportionnelle à leur vide ; en d'autres termes, ils s'attireront en raison directe de leurs masses. Mais, d'autre part, ils s'attireront en raison inverse du carré de leur distance ; car l'effet du vide est proportionnel au carré de la distance, puisque ce vide n'est que l'absence ou négation d'une force répulsive proportionnelle au carré de la distance : telle somme de centres répulsifs manque ; à un mètre, elle exercerait une répulsion égale à i ; à 2 mètres, elle n'exercerait qu'une répulsion égale à -^ ; par conséquent, lorsqu'elle manque à i mètre, la force de poussée en sens inverse, c'est-à-dire l'attraction, est égale à 1, et à 2 mètres,

égale à -^ (1). Ainsi, de la constitution de l'éther et de la matière pesante telle que noiis la supposons, on dérive la

(i) Cela peut aussi se démontrer par la seule remarque que ce vide est une force centrale et que l'effet de toute force centrale (chaleur, lumière, attraction) va diminuant comme le carré du rayon de la sphère dans laquelle elle agit, c'est-à-dire comme le carre de la distance.

4lO NOTKS PHILOSOPHIQUES INEDITES DE TAINE

loi de rallraction. Au lieu de deux espèces de matière, on nVn a qu'une.

^.e qui probablement a empêché les savants d'examiner celle hypothèse, c'est Tinclination à considérer la chose pesante comme un plein; les sens et la perception extérieure répugnent îi lui ôter Texistence réelle ; de même pour l'hypothèse d(^ Copernic; les sens et la perception extérieure appuient le préjugé de la terre immobile et du soleil en mouvement ; il faudrait provisoirement considérer notre hypothèse dés vides comme on considérait à la fin du XVI® siècle l'hypothèse de Copernic, c'est-à-dire comme une représentation plus simple et plus concordante des phénomènes.

Môme observation sur l'hypothèse de Boscovich et sur la nôtre, à propos de l'éther considéré comme un composé de simples centres géométriques inétendus, sans autre propriété que d'être des centres de répulsion les uns par rapport aux autres, en fonction de leurs distances, suivant la loi de décroissance commune à toutes les forces centrales.

A celle force répulsive dont sont doués les centres géométriques inétendus, il faut ajouter la force d'inertie, c'està-dire la persévérance dans l'état actuel qui est, soit l'immobilité, soit le mouvement rectiligne uniforme. De ces <leux propriétés primitives, il faut déduire le reste.

Ceci n'est que le point de vue physique, celui qui est fourni par les sens, par la perception extérieure, aidée ultérieurement de l'analyse et de l'abstraction : on n'y considère que des distances, des limites (le point géométrique), le mouvement de ces limites, des mouvements actuels ou virtuels, (!'esl-n-dire possibles; la force n'est que la possibilité et la certitude de tel mouvement possible pour tel point ou telle somme de points géométriques situés àtelle distance de telle autre somme de points semblables, et dont l'état antérieur est tel état de repos ou de mouvement.

Reste à se mettre au point de vue psychologi(iue, au point d(* vue fourni par la conscience, aidée aussi de Tanalyse et de Tabstraction. 11 y a deux faces dans les choses» et il faut chercher ce que nous pouvons transporter dé

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