‹ La philosophie de H. TaineChapitre 40 sur 51 · LA SENSIBILITE · texte numérisé non relu

LA SENSIBILITE

Des cils roides et longs, antennes hérissées, Font sentinelle autour de son nez frémissant ; Et le plus léger bruit qui le frôle en passant Élargit sur son front ses oreilles dressées.

Quand la nuit a brouillé les formes effacées, Il voit; le monde noir à son regard perçant Ouvre ses profondeurs ; il distingue, il pressent ; Ses sens plus acérés aiguisent ses pensées.

Des craquements de feu courent sur son poil roux ; Tout le long de sa moelle un tressaillement doux Conduit rémotion en son âme inquiète.

Les poils de son museau vibrent à l'unisson,

Et sa queue éloquente a le divin frisson,

Comme une lyre d'or aux mains d'un grand poète.

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