XIÎ AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR
bert Spencer, L'Individu el VÉlal (traduit en italien par Sofia Fortini-Santarelli), une Préface de juste cent pages, qui forme un nouvel essai des plus solides et des plus intéressants. Il y agite toutes les graves et redoutables questions que soulève le travail du grand publiciste anglais, et porte en chacune d'elles une vive lumière. Ce sont là de fortes pages inspirées par un penseur, et qui à leur tour font penser. L'homme à qui on les doit est incontestablement un esprit capable des plus sérieuses spéculations intellectuelles.
L'année précédente, l'écrivain avait publié un livre de nature à surexciter à un très haut degré la curiosité d'un grand nombre de lecteurs italiens, qui connaissaient plus ou moins vaguement le personnage assez mystérieux et passablement énigmatique dont il retrace la vie : David Lazzaretti di Arcidosso, detlo il Santo : i suoi seguaci e la sua leggenda. Le livre était dédié à la mémoire de Karl Hillebrand. Quel est donc le héros de cette histoire?
David Lazzaretti, né en i835 à Arcidosso, dans le Monte Amiata, province de Grosseto, sur les confins des anciens Etats pontificaux, npn loin de la maremme toscane, était un simple paysan, merveilleusement doué sous le double rapport intellectuel et physique, qui devint un illuminé, un fondateur de religion. Marié à vingt-deux ans, il prit part au combat de Castelfidardo, puis passa huit années h la Chartreuse de Grenoble et dans les environs de Lyon. En Italie, le bruit de ses visions miraculeuses ne tarda pas à rallier à ses idées de réformateur politique et reli-. gieux une véritable armée de partisans. On Tavail surnommé « le saint »• Mais, comme il arrive d'or-