AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR XIII
dinaire dans ces cas qui ressortissenl toujours plus ou moins à la pathologie, l'exaltation de David atteignit peu à peu à la folie. Après de nombreux incidents qu'on trouve narrés dans le livre, son histoire eut ce dénouement. Un jour, à la tête de plusieurs centaines d'hommes et de femmes vêtus de robes symboliques et chantant des psaumes, qu'il av^it exaltés pendant quatre jours et quatre nuits par toutes sortes d'exercices pieux et de pénitences, il descendît du Monte Labro, où il s'était établi avec ses fidèles, et se mit à parcourir les villages en compagnie de son étrange cortège. Il projetait d'aller avec les siens jusqu*à Rome. Cette bande de fanatiques excita les craintes de l'autorité, qui n'avait su ni prévenir ni empêcher leur exode du Monte Labro, où on les aurait sans doute laissés mener en paix leur étrange existence. Le chef de la police régionale alla à leur rencontre avec ses carabiniers, et leur fit les trois sommations légales. A la dernière, David répondit : « Si vous voulez la paix, je vous apporte la paix ; si vous voulez la miséricorde, vous aurez la miséricorde; si vous voulez du sang, me voici ». En même temps il montrait l'image de Jésus, peinte sur une bannière que l'un des siens agitait au-dessus de sa tête. Puis tout à coup, au comble de l'exaspération, on le vit brandir un bâton qu'il tenait à la main, on Tentendit adresser à ses fidèles quelques mots qui furent salués par un cri immense de : Vive la République ! et aussitôt une grêle de pierres se mit à pleuvoir sur les représentants de l'autorité. Ceux-ci ripostèrent à coups de fusil. Plusieurs des rebelles furent tués ou blessés. Le prophète, atteint de trois