SW, VI, 68. — Voyez supra, eh. m, p
JACOBI ET LE SP1NOZISME t$3
zistes '. « La forme de la vie, la tendance à la vie, et la vie môme ne sont en réalité qu'une seule et môme chose. L'objet de la tendance absolue que nous appelons tendance fondamentale est immédiatement la forme de l'être dont elle est la faculté active. Maintenir cette forme en vie, s'exprimer par elle, est sa lin absolue. C'est le principe de toute détermination de soi-même dans la créature, de sorte qu'aucun ôlre ne peut se proposer une fin que grâce à cette tendance, et
conformément à elle Tout ce qui vit dans la nature se
meut d'une façon intentionnelle, c'est-à-dire selon ses besoins. » Ne voit-on pas dans ces passages le mélange (je n'ose dire la fusion) de la psychologie spinoziste avec un souvenir de la finalité aristotélicienne ? Celte « tendance fondamentale » des êtres, principe de leurs déterminations, cette obscure et puissante finalité interne, — signe presque infaillible de panthéisme, — ne disparaîtra plus de la métaphysique allemande. On la retrouvera chez Schelling, chez Hegel, et surtout chez Schopenhauer, qui l'appellera volonté. Sur ce point encore, Jacobi apparaît comme un chaînon intermédiaire entre Spinoza et Schopenhauer. Mais, encore une fois, il ne veut à aucun prix de la métaphysique finaliste qui s'accorderait le mieux avec cette psychologie, et qui s'est développée en effet dans X Inconscient de M. de Hartmann. Il n'y a d'autre métaphysique logiquement fondée que celle de XEthique. Si le fond des ôtres est tendance, cette tendance, en tant qu'ils sont privés de raison, est « nature », c'est-à-dire s'explique par le mécanisme universel. Chez les ôtres doués de raison, tels que l'homme, la « tendance fondamentale » ne s'explique plus. Elle est « miracle » Elle dépasse le monde de la nature, et elle nous révèle un absolu, un Dieu de bonté et d'amour, qui est l'être môme et la vérité.