ZGppritz, II
JACOBI BT SCHELLING 223
Ihie des esprits en Allemagne, tout cela répondait à merveille aux sentiments intimes de Jacobi. Il écrit à son ami Koppen : « Les Caractères contiennent quantité de choses excellentes. Mais Fichte ne les a pas tirées de son système. Il les y a introduites plutôt. On peut tout simplement transvaser ces bonnes choses de son récipient dans un autre, et lui rendre le sien. » Et il ajoute : « Je comprends de jour en jour plus parfaitement et plus profondément ce qu'il y a de superficiel et de faux dans les philo sophies les plus récentes. Je pourrais le prêcher au peuple du haut des toits : mais je n'ai plus de jambes pour monter, ni de voix pour me faire entendre ». »
Aveu de lassitude, ou pour mieux dire, aveu de découragement, et qui n'était que trop justifié ! Par ces « philosophies les plus récentes », Jacobi veut désigner, semble-t-il, plutôt encore Schelling que Fichte. Son dernier ouvrage : Des choses divines et de leur révélation (1811), contient une critique de Schelling fort passionnée, mais peu clairvoyante. Jacobi saisit bien, en gros, la filiation des systèmes. De môme qu'après Kant, Fichte a dû paraître (après l'idéalisme imparfait la Doctrine de la Science), de môme à Fichte devait succéder Schelling (à la philosophie du moi absolu, la doctrine de l'identité du sujet et de l'objet). Ce dernier système, Jacobi l'appelle idéal-matérialisme* . C'est, selon lui, un panthéisme. Une fois posés les principes de la Critique de la Raison pure, il était inévitable que ce système reparût à son heure : la logique l'exigeait, tout contraire que ce fût à l'esprit et aux intentions de Kant. Celui-ci n'avait-il pas voulu limiter les prétentions de la raison humaine? N'avait-il pas