‹ La philosophie de Jacobi (volume 2)Chapitre 26 sur 161 · Zôppritz, I, 307-9. Lettre à Kôppen, du 18 février · texte numérisé non relu

Zôppritz, I, 307-9. Lettre à Kôppen, du 18 février

2. Roth, II, 310-311. Lettre a Jean-Paul, du 31 juillet 1802.

moment même, l'électeur de Bavière venait de réorganiser l'Académie à Munich. Il y fit offrir un siège à Jacobi, avec une pension fort convenable de 3,000 thalers. Quelques années auparavant, celui-ci eût refusé : force lui était maintenant d'accepter. Il n'eut pas à s'en repentir. Il retrouva à Munich son compatriote et ami Schenck, à qui il était redevable de l'offre généreuse de l'électeur. On lui témoigna les égards dus à sa réputation d'écrivain et de philosophe, et il se fit assez vite aux exigences, d'ailleurs légères, de sa nouvelle situation.

La vie de Munich lui parut môme agréable, quoiqu'elle lui réservât de continuelles surprises. La Bavière, alliée de Napoléon, se montrait fière de cette glorieuse amitié. Ses plus braves officiers portaient avec orgueil la croix de la Légion d'honneur. « On ne se fait ailleurs aucune idée, écrit Jacobi, de ce qu'on appelle patriotisme en Bavière ' . » Lui-même, comme Fïchte, comme la plupart des Allemands du Nord, voyait en Napoléon un ennemi mortel, qui voulait l'anéantissement de l'Allemagne. « L'Empereur, écrit-il à Fr. Perthes, a de la défiance contre tout ce qui est allemand, contre notre philosophie, contre notre littérature... cela se voit à son édit sur les librairies * » . . . « Je crains que bientôt nous n'ayons plus de journaux du tout, plus d'écrivains, plus de lecteurs, plus de libraires. On nous dira que l'Alcoran, c'est-à-dire les feuilles officielles suffisent à notre instruction; on suivra en tout point les conseils de l'abbé de Castres 3. » Et pourtant, malgré la guerre, malgré les impôts, malgré la police, Jacobi s'étonne comme on supporte facilement, en somme, et avec bonne humeur, la lourde alliance de Napoléon. Il y a bien un parti réactionnaire, ultramontain , vieux-bavarois , qui s'indigne des réformes entreprises par le ministre Montgelas, et qui espère tout bas une catastrophe : si l'on pouvait revenir au bon vieux temps et

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