Roth, II, 399. Lettre à C. Y. du 24 décembre
au gouvernement des jésuites1! Mais Jacobi, personnellement suspect à ce parti, en sa qualité de protestant, comprend que le remède serait pire que le mal. Il 'voudrait bien que l'Allemagne fût délivrée de Napoléon : il n'ose souhaiter de la voir aux mains de ses ennemis.
Après avoir occupé, en 1807, le fauteuil de la présidence à l'Académie, il pria le gouvernement bavarois de le dispenser à l'avenir de toute fonction active. Il vécut dès lors dans la retraite, toujours vif d'esprit, toujours affable et hospitalier, toujours ardent à la défense de ses convictions philosophiques. Avec l'âge, l'accent mystique et religieux devenait plus marqué. Jacobi continuait à entretenir un commerce de lettres avec tous ceux qui plus ou moins étroitement se rattachaient à lui : avec Jean-Paul Richter, son grand ami depuis 1798; avec Nicolovius, à Kœnigsberg; avec Stolberg, Dohm, Fries, Boulerwek, Koppen, Neeb, Jacobs, et avec les rares contemporains de sa jeunesse qui, comme Goethe, survivaient encore. Son dernier ouvrage, Des choses divines et de leur révélation, sorte de testament philosophique (1811), dirigé contre Schelling, lui attira une réplique d'une violence extraordinaire. Ses amis prirent sa défense. Lui-môme, qui sentait non pas ses convictions faiblir, mais ses forces décliner, employa ce qui lui restait de vigueur à donner une édition complète et définitive de ses œuvres ■. La mort le surprit au milieu de ce travail, le 10 mars 1819.
La vie de Jacobi paraît toute simple et toute unie. Comparée cependant à celle des philosophes allemands con-