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concle, ni la seconde de la première. Pareillement, toutes deux soutiennent les mômes rapports avec l'entendement, et par suite avec les démonstrations. » Et Jacobi ajoute : « Nous sommes forcés d'employer cette expression « intuition rationnelle » parce que la langue ne nous en fournit point d'autre pour rendre la façon dont un objet inaccessible aux sens, donné uniquement dans un sentiment irrésistible, et pourtant comme vraiment objectif, se présente à l'entendement pour être connu par lui1. »
Pour mieux marquer ce caractère intuitif de la raison, Jacobi la compare souvent à un œil. L'animal ne perçoit que le sensible : l'homme doué de raison, perçoit en outre le suprasensible. L'organe par lequel il perçoit le suprasensible, il l'appelle sa raison, comme l'œil est l'organe par lequel il voit la lumière a. « Nous persistons à admettre deux facultés distinctes de perception chez l'homme : une faculté de perception au moyen d'organes visibles et palpables, corporels par conséquent ; — et une autre, au moyen d'un organe invisible, qui ne se manifeste aux sens en aucune manière, et dont l'existence ne nous est révélée que par des sentiments. Cet organe, œil spirituel pour des objets spirituels, a été appelé raison par les hommes. Cette raison est universelle dans son essence. Jamais, sous ce nom de raison, les hommes n'ont entendu autre chose que précisément cet organe 3. » Jacobi prend sa métaphore au pied de la lettre, et il fait penser à son ami Hemsterhuis, qui croyait à l'existence distincte d'un « organe moral* ».
En rapprochant ainsi l'intuition rationnelle de l'intuition sensible, Jacobi croit pouvoir se réclamer de Platon. Pour celui-ci, en effet, l'intuition des idées par le vouç ne diffère pas, quant à l'opération, de l'intuition des objets par le sens. L'idée du Bien, soleil du monde intelligible, éblouit la raison