‹ La philosophie de Jacobi (volume 2)Chapitre 47 sur 161 · Voyez ch. v, p · texte numérisé non relu

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comme le soleil sensible aveugle nos faibles yeux. L'objet perçu est différent; différente aussi, la faculté percevante : mais dans les deux cas, la modalité de l'intuition est la môme. C'est exactement ce que dit à son tour Jacobi, sans hésitation ni scrupule. Il ignore, ou plutôt il néglige de parti pris tout ce que les modernes ont modifié dans la théorie de la connaissance des anciens. La part faite à l'activité propre du sujet dans l'acte même de la connaissance, — cette part qui a été grandissant depuis les Méditations de Descartes jusqu'à la Critique de Kant, en passant par Locke, Leibniz, Berkeley, Hume, — Jacobi n'en tient nul compte. Il conçoit la raison à la façon des anciens, comme réceptive. '0 voUç &wb tou vot,tou xtveïTai. « Il y a chez tout être fini ou sensible (car tout être fini est nécessairement sensible), une raison qui n'est autre chose que le sens du suprasensible. Et comme le sens corporel est parfaitement positif, et ne fait que révéler (son objet), il en est de même du sens spirituel ou raison *. »

Aucune équivoque ne subsiste donc sur le sens que Jacobi donne à ce mot « raison ». Il est resté sur ce point en complète opposition avec Kant. Mais, quoi qu'il en dise, il ne s'est pas tenu beaucoup plus près de Platon. L'intuition dont il parle sans cesse ressemble fort peu à l'intuition rationnelle du philosophe grec. Le prisonnier de Platon, délivré de ses liens, et mené hors de la caverne, doit apprendre à regarder les essences éternelles. Il ne s'habitue que peu à peu à soutenir l'éclat de ce spectacle : il jouit enfin de contempler les idées dans leurs rapports immuables et harmonieux. Mais, d'abord, rien chez Jacobi ne rappelle la longue marche dialectique par laquelle, selon Platon, l'âme se détournant du monde sensible s'élève peu à peu vers le monde des essences immuables. L'intuition de l'absolu n'est pas un privilège réservé à l'infime minorité des sages : c'est un sentiment « du vrai » qui n'a été refusé à aucun homme. D'autre part, Jacobi est chrétien, il a reçu une éducation piétiste. Il n'oublie pas

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