‹ La philosophie de Jacobi (volume 2)Chapitre 50 sur 161 · SW, m, 202. Ueber tine Weissagung Lichleniergs · texte numérisé non relu

SW, m, 202. Ueber tine Weissagung Lichleniergs

rhomme est en quôte aussi; mais en quête de quelque chose d'invisible qu'il ne connaît pas non plus, et dont il n'a le s< mi liment que par le besoin qu'il en éprouve : — le besoin propre à un esprit dont l'essence est de savoir qu'il n'a pas son être en lui-môme, et qu'il existe uniquement par la grâce d'un autre, sans qui la vie s'évanouit1. »

Nulle part ne s'est mieux exprimée la pensée maîtresse de Jacobi : substituer à un savoir médiat, et nécessairement imparfait, la certitude d'un sentiment spontané. La raison ne « connaît » pas Dieu, car l'absolu, pour un être fini, est inconnaissable. Mais elle est l'instinct qui nous fait chercher Dieu. Croire en Dieu est naturel à l'homme, comme de marcher sur ses deux jambes *. Essayez d'établir l'existence de Dieu par des preuves démonstratives : vous serez étonné de voir vos preuves conduire au panthéisme, ou à une conception naturaliste de l'univers sans Dieu. Ainsi le veut la nature de l'entendement. Vous arrivez en raisonnant à une conclusion que vous repoussez de toute votre âme. Fiez-vous donc plutôt à la raison, c'est-à-dire à cet instinct irréfutable, dont la présence en nous est une absurdité, si Dieu n'est pas. « Ils (nos adversaires) demandent avec arrogance : Par quoi cet instinct se légitime- t-il? Et quand nous répondons en toute humilité : par rien, sinon par sa propre puissance et par son droit de primogéniture , c'est pour eux une abomination ■ . »

En un mot, dans la raison comme dans l'instinct, il y a quelque chose qui passe nos explications et nos analyses. L'instinct de l'animal est infaillible, prophétique, et, en un certain sens, divin. Il est à la fois intuitif et aveugle, pensée et tendance. Il domine l'expérience, puisqu'il la précède et la guide : à peine, sans lui, serait-elle possible. Il est l'idée devenue impulsion. Les mômes caractères se retrouvent dans la raison humaine, mais avec infiniment plus de no-

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