SW, VI
2. C'est un surnom qu'il demne à Kraus, professeur à l'université de Kœnigsberg, collègue et ami de Kant.
qui a paru en (rois parties, et qui avait été pou remarqué. Je l'avais étudié moi-môme avant d'écrire mes Mémorables de Socrate, et c'est à cette source que j'ai puisé ma doctrine de la croyance*. » Haniann exagère. Hume n'aurait rien reconnu de sa théorie de la croyance dans la doctrine purement mystique de Hamann. En d'autres occasions, Hamann luimême l'avoue, et il revient à son thème favori : la philosophie pure, fût-ce celle de Hume, n'explique rien du tout. « Purger la proposition la plus simple de toute équivoque, dit-il, n'est pas un travail aisé; c'est au contraire extrêmement difficile. Je ne sais pas encore aujourd'hui ce que Hume entend, ce que nous entendons tous deux par croyance. Plus nous parlerions et plus nous écririons là-dessus, moins nous réussirions à fixer ce vif-argent*. »
Quoi qu'il en soit, du côté des mystiques comme du côté des rationalistes, Hume était étudié avec soin. On comprenait que ses analyses apportaient à la philosophie quelque chose de nouveau : elles obligeaient à serrer de plus près les conditions psychologiques et logiques de la certitude et de la croyance. Jacobi aussi lut Hume, mais il ne fut point tiré de son « sommeil dogmatique ». Il était trop certain d'être bien éveillé, et la clarté de son « sentiment objectif » élait pour lui la vraie lumière. Il a donc moins cherché à s'assimiler la théorie du philosophe écossais qu'à l'utiliser3. Si son dialogue Idéalisme et Réalisme porte comme sous-titre David Hume, c'est que les longs morceaux de Hume qu'il y cite sont destinés, dans sa pensée, à fermer la bouche à ses adversaires. Vous me reprochez d'avoir dit que toute science repose , en dernière analyse , sur la croyance : que ne jètez-vous le même blâme sur Hume, qui
1. SW, IV3, 339-40. Lettre de Hamann à Jacobi, 22 avril 1787.