SW, IV3, 358. Lettre de Hamann à Jacobi du 29 avril
S. Jacobi préfère à Hume non seulement Platon, mais môme d'autres philosophes anglais contemporains : Ferguson, par exemple, dont il ne se lasse point de recommander la lecture, et plus tard Reid, dont les Essays on the intellectual powers of man lui paraissent un chef-d'œuvre. Roth, II, 445. Lettre à Neeb du 18. octobre 1814.
Fa dit avant moi? Car il a montré, lui aussi, que toute certitude actuelle est au fond une croyance. Dans le cas de la perception extérieure, par exemple, c'est un certain « sentiment » qui nous fait croire, selon Hume, à la réalité objective des corps. Je n'ai pas soutenu d'autre théorie, dit Jacobi '. Il ne voit pas, ou il ne veut pas voir, qu'il joue sur le mot « croyance. » Hume n'admet rien qui ressemble, môme de loin, au réalisme spontané de Jacobi. Il est aussi exigeant en matière de preuves que Jacobi l'est peu. Il dit bien que la croyance est un sentiment, mais il se garde d'ajouter, comme Jacobi, que c'est un sentiment « objectif » : il montre, au contraire, que rien ne garantit cette objectivité. Il est difficile, en un mot, d'imaginer deux doctrines plus différentes par leurs tendances comme par leur méthode. Jacobi n'était donc pas bien inspiré en invoquant l'autorité de Hume. Il signalait ainsi, sans le vouloir, la confusion des idées et la terminologie indécise qui sont de si fâcheux défauts de sa pbilosophie. Goethe le lui dit sans ambages. « Je ne puis pas approuver, écrit -il, l'usage que lu fais du mot « croire ». C'est une façon d'agir que je ne puis te passer. Elle n'est bonne que pour les sophistes de la croyance, à qui rien ne tient tant à cœur que d'obscurcir toute certitude du savoir, et de l'envelopper dans les nuages de leur royaume aérien et flottant, puisqu'enfin ils ne peuvent ébranler les fermes colonnes de la vérité. Mais loi, qui ne tends qu'à la vérité môme, applique-toi aussi à trouver une expression précise ». » Autant vaudrait renoncer tout de suite et franchement à la philosophie, que de répondre par le mot « croyance » à toutes les difficultés.
Mais justement, répliquera Jacobi, ma philosophie consiste à soutenir que, pour les difficultés essentielles, poulies problèmes fondamentaux, les méthodes ordinaires et logiques ne servent point. Le raisonnement y est impuis-