‹ La philosophie de JacobiChapitre 29 sur 141 · W, VI, 68. Lettre i. Sclilouer, 25 an-il tTOG · texte numérisé non relu

W, VI, 68. Lettre i. Sclilouer, 25 an-il tTOG

ranlie en dehors ni au-dessus de colle-là *. ■) Ce senlimeifj qui fôvble à l'homme l'iître absolu ou Dieu , lui réyèl du mttne coup qu'il participe, sans comprendre d"ailleupi^ comment, à cette essence absolue. C'est le bénéflce ordinaire dos docirines mystiques, de Tournir, non pas une explicalion, mais au moins une conception simple des rapports qui unissent les êtres finis à l'être absolu. Jacobi ne fait pas esceptîon à la rf'gle. « La raison lumiainc, dit-il, doit lîlre consi- L- di5rée, d'une part, comme une faculté de pcrccplîon d'un Divin ^existant en deliors et au-dessus de l'homme; d'antre part, ' comme une faculté de perception d'un Divin existant dans l'homme et comme ce Divin lui-mémo. Si l'éti'o i-aisonnablc n'était pas originairement de nature divine, il ne pourrait aucunement ni jamais parvenir à une vraie connaissance et i-à un véritable amour de Dieu. ■■ Gœlhe l'a dit aussi, en f. beaux vers, mais d'un senthnent plus panthéislique :

Si l'œil n'était pas de la nature du soleil, Comment poun-ions-notis loir la lumiôre?

Si la force môme de Dieu ne vivait pas en nous, CummCDtlD Divin pourrait-il nous ravir'?

On a pn remarquer que, dans cotte théorie, il esl à peine question de l'activité de la raison sous sa forme logique. L'omission est sigoiûcative, surtout au moment ou Kant, par la Crilifjue de la Raison pure, venait d'appeler l'attention sut les conditions a priori de la connaissance. Elle a élé volontaire. Jacobi tient à renvoyer à l'entendement les fonctions logiques. Avec ces fonctions en effet apparaissent, selon lui, i^ l'abstrait, le général, le nécessaire, en un mol, la science : I avec la science, le déterminisme universel, et, à sa suite, une I métaphysique naturaliste. Or c'est précisément pour échapper 1 à la nécessité et au naturalisme que Jacobi a voulu se faire I ane philosophie. Il faut donc que la raison révélalricp du f Tral soit indépendante do l'entendement logique. 11 faut

THÉORIE DE LA RAISON 7o

qu'elle soit, non pas abstraite et formelle comme lui, mais concrète et divinatrice comme l'instinct. Etre raisonnable ne consiste pas proprement à former des jugements universels et nécessaires, à construire les mathématiques, ou à découvrir les lois de la nature. Sans doute la raison y est indispensable, mais cela est plus spécialement l'office de l'entendement. Etre raisonnable, c'est avant tout pressentir qu'il existe une réalité au prix de laquelle l'univers et nousmêmes nous ne sommes rien ; c'^st aimer le bien, c'est croire en Dieu. Avec la raison ainsi définie, Jacobi pensait atteindre le double but qu'il s'était proposé. Il ruinait le rationalisme abstrait des « philosophes », en y opposant une conception plus métaphysique et plus pleine de la raison et de son objet. Du môme coup, il jetait la base d'une doctrine en harmonie avec ses convictions morales et religieuses, et il rétablissait en leurs droits le sentiment, la foi et le mystère.

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