‹ La philosophie de JacobiChapitre 32 sur 141 · W, I, -Z [AllniU, ms · texte numérisé non relu

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LA SCIENCE ET LA MÉTAPHYSIQUE «i

Icment une " science » de la mélaphysiquc, non moins ] exacte, non moins démonstrative. L'entreprise était extra- 1 vaganle, puisque l'ûtre dans son essence ne se laisse ni Cl expliquer », ni » démontrer », et que l'intuition qui le révèle n'a rien de commun avec la clarté logique. I

<( 11 me semble, écrit Jacobi à Haniann dans une de ses I premières lettres, que notre philosophie s'est engagée dans ] une funeste impasse. A force de chercher l'explication des J choses, elle perd de vue les choses mSmes. Et ainsi la science] devient sans doute très esacte et les esprits très éclaires;! mais du même coup et dans la mOnie proportion la science i devient ^ide, et les esprits plats. Selon moi, la fonction es^J sentielle du philosophe consiste à " dévoiler ce qui est ». j Expliquer n'est pour lui qu'un moyen, le chemin qui con- J doit au but, une fin provisoire, non la fin dernière. La lin 1 dernière est ce qui ne se laisse pas expliquer, lo simple, ' l'irréductible à l'analyse... Voilà ce que j'ai voulu faire comprendre dans mes romans, témoignant ainsi de mou mépris pour l'ignohlc philosophie de notre temps, que j'ai en horreiu'. « Et Jacobi conclut par une de ses formules favorites. « La lumière est dans mon cœur, mais dès que je Teui la transporter dans l'entendement, elle s'éteint. Laquelle des deux clartés est la vraie, celle de l'enten- i de-Uent, qui nous présente, il est vrai, des formes définies, I mais derrière elles un abîme sans fond ; — ou celle du cœur J qui nous donne sans doute des espérances sur Tau-delù, ] mais qui ne nous fournil point de connaissance distincte ■ ? » i C'est la misère de l'homme que, de ne pouvoir joindre ces deux clartés en un faisceau lumineux unique : de n'avoir point ce qu'on appellera plus tard une « intuition intellectuelle ». L'entendement ne sait que tirer des conséquences : la raison ne donne qu'un pressenliment du vrai; au moins ce pressenliment est-il véridique. Quel aveuglement, si, dans notre désir d'expliquer l'inexplicable, nous abandon-

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