‹ La philosophie de JacobiChapitre 44 sur 141 · I.A PIIILOSOPIUI^ I · texte numérisé non relu

I.A PIIILOSOPIUI^ I

semble ignoror que Descarlos, pour ne cher que lui, altrîbuait à la volontù libre la décision qui prononce ou qui suspend le jugement. El pourlanl Jacobi est, lui aussi, parlisan de la liberté. Mais il ne lui reconnaît de rOle que dans l'action morale, et point dans l'établissement de la cerlilude. La raison en est double. En premier lieu Jacobi, tout en croyant h la liberté, admet le mécanisnne psychologique rigoureux que lui ayait enseigné Bonnet. Puis sa délinition mi^me de la croyance exclut l'iiiteiTenlittu de la volonté réfléchie. La croyance, en effet, est uu sentiment « objectif », et, par luimême, irrésistible. Or si la cerlilude comportait un élément volontaire, elle comporterait aussi un élément de doute possible. C'est ce que Jacobi ne saurait admettre. Il ne dépend pas de nous de suspendre notre jugement, car il ne dépend pas de nous d'accepter ou de rejeter l'objectivité du " sentiment de la raison », Celte objectivité s'impose. Aussi Jacobi dit-il expressémeut : " Toute croyance est un abandon involontaire de l'eaprit à une reprùsculalion de la réalité ' . »

Professer ainsi une sorte de dédain pour les conditions logiques du savoh-, et ne reconnaître de cerlilude entière et parfaite que celle du seutimont, nélalt-cc pas braver

I les « philosoplics .■? Le défi fut relevé avec vivacité, et les objections surgirent de toutes parts. Jacobi crut habile, pour sa défense, de se couvrir de l'autorité de Hume. On sait, par

I le motcéièbre de Kanl au commencement des Prolégomènes, ce que la lecture de Hume avait été pour lui. On sait moins peut-être que les autres philosophes allemands du temps ic lisaient aussi, et que plus d'un porte la trace de celte influence. Hamann, par exemple, qui parle toujours cavalièrement des philosophes de piofession, n'épargne guère que Hume. 1' Crispus = , érrit-il, sait Hume par cœur : hier soir

I encore il me remerciait de lui avoir indiqué le premier ouvrage de ce philosophe (le Traité dp In A'nlnrr Humnine).

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