‹ La philosophie de JacobiChapitre 50 sur 141 · THÉORIES MORALES H · texte numérisé non relu

THÉORIES MORALES H

La morale théorique est ainsi réduite à sa plus simple espressiou. Pour mieux (lii'c, elle est remplacée par un appel à riatuitioii. Elle se boroe à constater l'esistence du senliment moral, qui s'impose à l'acliou et se refuse à l'analyse. Toutefois Jacobi le représente comme étroitement lié au sentiment religieux, Il dît à plusieurs reprises qu'il ne croit pas à l'athée honuûte Lomme, et il répète à la fin de sa vie que l'expérience l'a confirmé dans cette conviction'. De mûme Hemsterliuis : •> Le sentiment de la reli- , gion est universel : celui qui n'en a point est un homme dangereux, je dirais volontiers méprisîihlc : il ne mérite la confiance de personne *. » Gardons-nous de prendre ceci au pied de la lettre. Jacobi appellera Spinoza athée, et reconnaîtra en lui cependant une des plus nobles âmes, et des plus pures moralement, dont l'humanité s'honore. Car si Spinoza a été conduit par son système à nier la personnalité de Dieu (négation qui, selon Jacobi, équivaut à l'athéisme), il n'en avait pas moins un sens admirable du divin, et c'est pourquoi il a été capable de désintéressement moral, Hemsterhuis lui-même est religieux, mais non chrétien. Il a traité la Bible do « livre insupportable ' ». Jacobi en admirc-t-il moins la morale d'Hemsterhuis ?

De même donc qu'au fond il admet la reUgion naturelle, à condition qu'on avoue qu'elle est surnaturelle, en (ant qu'elle repose, non sur i'exercire logique de l'entendement, mais sur une révélation mystérieuse de la conscience ; — de même il tient pour la morale naturelle, à condition qu'elle se fonde sur un sentiment qui implique l'existenee d'une réalité supérieure à la nature. En ce sens, la révélation du i bien (le sentiment moral) est inséparable do la révélation du vrai (du senliment religieux). Qui ne croit pas â l'une n'acceptera pas l'autre non plus. Car celle-ci n'est pas plus démontrée que celle-là, Toutes deux s'imposent ensemble,

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