‹ La philosophie de JacobiChapitre 51 sur 141 · sw, VI, ni · texte numérisé non relu

sw, VI, ni

s. fiEXSTBKiiL'is, Œuvres (éd, MevRaoy, m, p. 7. B. Ibid.. p. 119.

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et, si la conviclion fait dt'faiit, s'c^vaiiouissoiit ensemble. Donc, pour 6tie moralement bon, l'homme doit croire que son lître n'appartient pas tout entier à la nalure, ot qu'il participe au monde suprascnsihli^, encore qu'il ignore commeol. Il doit avoir fol en sa raison, qui lui atteste l'absolu. Voilà dans qnel esprit Jacobi veut que la morale soit religieuse. Il ne demande pas qu'elle soit attacliéc au dogmft : toutes les tlK^ologies, a-t-ll dit, lui sont indifférentes par ce câté-là. Mais ce qu'il n'admet point, c'est que la morale puisse être indépendante de la croyance qui porte sur l'au-delà. Car lesenliment moral est une affirmation implicite de cet a\itlelà, mGme chez ceux qui W nient. Les vertus d'un ath^e sont un témoignage involontaire qu'il rend à Dieu. On pressent d&s lors eonmieut Jacobi va combaltrc les

, morales opposées à la sienne. Point d'examen métbodlque. Il ne les réfutera pas : il les mettra en présence du sentiment moral, souverain juge, et seul compétent. De cette

' confrontation sortira la sentence. Ainsi la morale de l'intérêt, qui s'rtaît répandue en Allemagne, et qui y comptait nn peu partout des partisans, surtout daus les classes supérieures, ^- Jacobi l'attaque avec insistance, mais toujours par un simple appel à l'évidence du cœur. Il se couteuto de montrer que la nalure proteste contre les résultats d'une analyse psychologique aussi artilicielle que subtile. Quand l'utilîlaire a bien fini de réduire toutes nos inclinations à l'amour de soi, il n'en reste pas moins vrai qu'une mPre ne miïle A son amour pour ses entants aucune arriére-pensée d'égoïsmc. Les faiseurs de tours do près lidigita lion morale sou t fort ingénieux, mais ils ne réussiront pas à escamoler les senlimenls sponlan6s dw cœur humain, c Hier encore, écrit un des personnages à'Allwi//, se Irouvait chez nous un de ces raisonneurs qui commencent loutes leurs phrases par des Ahm donc, ou des Par cajiaéguotl. 11 prétendait prouver à Clerdon que tout vient de l'amour propre, et que nous recherchons ou négligeons les objets selon qu'ils nous sont utiles ou nui-

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sihles, agriîables ou pt^iiibles. Clei-don fit quelques objections. A ce moinoiit, Henri et Chartes entrftrent dans la chambre en jouant cL en dansant ; ils se pendii-ent au cou et aux bras de leur père, qui les secoua pour s'en débarrasser, de sorte qu'ils tombèrent en rianL sur le tapis. Ils se tournèrent alors vers leur mère pour la taquiner et l'agacer. Voyez-TOus, dit Clordon à cet habile homme, quand votre philosophie eût cU} la mienne, ces garçons-là m'y auraient fait renoncer. . . Je ne doute pas que vous ne puissiez m'expliquer tout ceci autrement, et inlei-préler si bien les faits en votre faveur, que je n'aie rien à vous rt^pondre. Car la vérité intime a toujours conire elle la matière des mots. C'est l'instinct de la lettre que tie vouloir subjuguer l'esprit, et de le traiter comme Jupiter fit son pt>re '. »

Ce n'est pas là une rérulation, et, dans les œuvres proprement philosophiques de Jacohi, l'on n'en trouverait pus davantage. Il refuse de suivre ses adversaires sur leur terrain, leur erreur, selon lui, provcnan t avan t tout de ce qu'ils posent mal le problème. Quand ils font de la morale une science de raisonnement, ils la di^natureut ; elle ne relève que du sentiment. Encore si les conséquences de cette erreur demeuraient exclusivement logiques, si elles n'inti^rossaieiit que la science ! Mais elles s'iusinuent plus loin. Kilos pénètrent dans les consciences et se mêlent aux motifs d'action. Elles corrompent à sa source le senliment moral, colorent l'égoîsmc qui ne demande qu'à ûtre justifié, et popularisent enfin cette pliiiosophie n platement, ignoblement utilitaire », qui soulève le dégoût de Jacohi. Les progn^s de l'irréligion et ceux de l'ulilitarisme vont de pair. Le langage de Jacobî ■est parfois d'une véhémence qui rappelle les apostrophes de Rousseau, ou plutôt encore les tirades déclamatoires de îïcbiller dans ses premiers drames. « Je vois devant mes yeux, l'crit-il, une mer morte et hideuse, sans un souffle qui puisse l'animer, l'érhanlTor, et lui rendre la vie: et c'est

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