I. SW, VI, *6J
s. SW, n, 330-389. Sticas da3 Lesnng gesagt hat. Cf. Zûpp Lcltni du 31 mù 1783.
130 LA PIllLOSOPllEE DE JACOBl
pour unique objet la proteclîon des personnes et des propriétés contre les agressions injustes : sa seule fin K'gitiine est d'assurer ft cliacmi le libre développement do son activité*. Lessing disait que l'Etat est un mal n('-cessaire, et il estimait, bien avant Stuarl Mill, que «le monde est trop gouverné ». Jacobi dit, dans le môme sens, que « toutes les constitutions sont, dans une certaine mesure, un pacte avec le diable *. »
Maïs n'y a-t-il pas un intérêt de l'Etat, intérêt suprême qui se distingue parfois de celui des individus, et qui peut exiger d'em les plus pénibles sacrifices? — « Cet intérêt, répond Jacobi, revient simplement à ceci : qu'un certain nombre de pieds carrés soient réunis sous un même nom par la géographie politique. » Voilà à quoi sont immolés les biens, la liberté, et la vie de centaines de mille hommes l La raison d'Etat, la conservalion et l'accroissement de la puissance politique et militaire ne sont pas la fin véritable de l'organisme social, puisqu'ils ne sont pas la fin véri[al>ie des citoyens *. Ceus-ci ne servent là que d'instruments. Il n'y a pas un bien qui soît le bien du tout, distinct du bien des parties. Les citoyens n'existent pas pour l'Etal : c'est l'Etat qui existe pour les citoyens. Il a des services à leur rendre, des garanties à leur assurer et à leur demander, mais non des sacriQces à leur imposer '.
Les hommes, ajoute Jacobi, — et ici il s'inspire directement de Ferguson, — les hommes se sont d'abord réunis, et ils ont fondé des sociétés ou la force et la contrainte ne jouaient aucun rûle. L'absence d'institutions défeclueusea leur procurait plus de sécurité que tant d'organisations compliquées, qui causent plus de crimes, et de plus grands, qu'elles n'en étouffent La bonté et l'amour, la prévoyance, la grandeur d'dme, la bravoure, la fidélité, ces