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s. Pnni (l'abord dans le joutiiilI BftUsc/lland, puis dans le rf cueil Charaklerislilteit mit Krilîten, iSDl, rÉimprimé par Mi:ïob, Friedrich Schlegel, Beine proiaiiehenjvgeinisckrifltn, Wien, IBSS, il, p. 73-93.
JACOBl ET LES EOMAMIQUES
conception de la vérité ! — Et Schlcgel couclut son article en repiochant à Jacobi son « inimoraliltS ». Brer, cette critique afTecte trop l'allure d'une satire. II est lîvident que la position philosophique de Jacobi est peu ordiuaii'e : mais il s'est efforcé de la juslifler, et il eût été équitable d'examiner SCS raisons. Schlegel ii'a eu gai'dc de le faire. Il s'est contenté de tourner Woldemar en ridicule. Peut-être n'étaitil pas fâché d'attirer, par ce coup d'éclat, l'attention du public sur son jeune talent? Mais la plupart des traits qu'il aiguise avec complaisance l'atteindront lui-même. En publiant ses propres ouvrages, il vengera amplement Jacohi. Le futur auteur de Lticinde a mauvaise grâce à reprocher à l'auteur de Woldemar son impuissance plastique et sa gaucherie philosophique : je ne dis rien de l'immoralité.
Il est fort douteux que Jacohi se soit le moins du monde reconnu dans l'œuvre des romanliques. S'il en a eu l'idée, il n'a pas dû y prendre grand plaisir. Il a pu penser qu'il se voyait dans un de ces miroirs convexes qui renvoient au spectateur son image grotesquement déformée. Son ami Brinkmann lui écrit, eu 1804, à propos des frères Schlcgel, qui mènent une bruyante campagne contre l'esprit et les traditions du diï-huitième siècle : « A quoi bon tout ce tapage? L'essenliol de ce qu'ils proclament a été dit, il y a vingt ans, par Jacobi et par Herder. Le reste est arbitraire, ou exagéré, ou faux, comme lorsqu'ils s'amusent à vouloir fahe de Lessing im adversaire de la philosophie " des lumières » '.
Jacobi souscrit de grand cœur à ce jugement. Leur style et leur poôliquc l'inquiètent. Il u'est pas sûr de les bien comprendre. Il appartient à une génération qui s'était formée à l'école des classiques français et anglais, et qui, malgré tout, dans le clair-obscur, ne faisait pas la part du lion à l'obscur. Il se défie de « celte espèce d'hommes pour qui et chez qui, consciemment et inconsciemment à la fois, le sérieux devient plaisanterie, et la plaisanterie, sérieux; — chez qui la physio-
l. ZùppRm, I, 333.
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nomie devient grimace, et la grimace, physionomie. A ce jeulà le meilienr naturel lînit infailliblement par se gâter. Un des romaiiliqucs (Werner) croit que c'est l'élément mystique qui m'est étranger et antipathique. Au contraire, lui ai-Je dit ; mais j'aime trop ce qu'il y a de haut et de vrai dans le mystère pour souffrir qu'on s'en fasse un jouet, et qu'on te tourne en masqucrade («c) ', » En un mot, Jacobi veut bien ôtre mystique, mais il n'aime pas à être mystifié. Il n'a aucun goût pour une esthétique littéraire qui ne tolère plus que le symbolisme, et qui vit dans le fantastique et l'irréel. 11 n'est pas plus satisfait des dithyrambes enthousiastes que l'art et la société du moyen-âge inspirent aux romantiques. Leur piété rétrospective pour cette époque « barbare » lui parall une aCTectation de paradoxe. Bref, ils trouvent moyen, en disant tout autre chose que les u philosophes d du dix-huitième siècle, d'élre aussi loin qu'eux de la ualure et de la vérité.
Jacobi a-l-il du moins fait une exception en faveur de l'écrivain romantique qui a le plus évidemment subi son influence, et dont l'œuvre était de nature à le séduire davantage? A-t-il applaudi à la brillaûle entrée eu scène de Schleiermacher, débutant en 1800 par ses Discours sur la Religion? Schleiermacher en aurait été fort heureux. Brinkmann, leur ami commun, s'était chargé de porter l'ouvrage & Jacobi, et de lui dire que le jeune auteur attachait le plus grand prix à son suffrage». C'était la vérité. « Parmi nos philosophes de renom, écrivait alors Schleiermacher, Jacobi est le seul de qui je désire cela. Reinhold m'est indifférent. Fichte est un grand philosophe, mais l'admiration pour le talent n'entraîne pas toujours la sympathie =. «Jacobi, au contraire, était persona grata pour Schleiermacher. Ce nom était associé à ses plus anciens souvenirs d'enfance; ks œuvres do Jacobi avaient été une de ses premières lec-
!. Briefjteckstî ttcUchen Qœtht wnd Jacobi, p. 213. umv du 19 févrlpr