RoTXi. I, 424-429. Lettre du 5 septembre
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fêre. Certes sa correspondance avec Wicland, avec Gœthe, avec Herdcr est fort iuti^ressanle ; mais elle ne nous d(5couvre pas toujours le fond de sa penst^e. Il ne parle en toute franchise qu'avec les autres, qui sout ses amis de cœur. Leur façon déjuger est aussi la sienne. Comme eui, il sera s«5vÈre pour les romans de Gœthe, pour WiUieîm Meisler et pour les Affinift's électivfs, parce que le ton et les tendances de ces œuvres ne peuvent que choquei- un mysliqne', A Paris, il a voulu voir Saint-Marliii. Bien qu'il ne soit pas érudit, et qu'en dehors de Platon et d'Aristole, il ne rite guère que des philosophes modernes, on est surpris parfois de voir où l'ont conduit les hasards de ses lectures. Il citera, par exemple, Hugues de Saint-Victor', ou, pour commenter Spinoza, il reproduira de longs passages de Giordano Bruno, dont paraît avoir compris (à la suite de Haraann, il esl vrai) le panthiT'ismc original et un peu mystique '.
Ces afiinilés achèveraient d'i^clairer le sens de la doctrine, s'il restait sur ce point la moindre obscurité. Mais jamais philosophe n'a plus souvent ni plus ouvertement proclamé ce qu'il voulait que sa doctrine frtt. S'affermir dans les convictions de son spïrituaUsme spontané, justifier son « pressentiment du vrai )>, tel est le but; subordonner le raisonnement au sentiment, l'intelligence au cœur, leUe est la mtithode, Jacobi croit à une rtSvélation immédiate non seulement, du bien, mais aussi du vrai. Selon lui, dire qtio l'homme est un éti-e raisonnable équivaut à dire qu'il est un ûtre religieu,\. La dignîLé de l'homme el son essence m6me coasislcnt dans son union inlime avec Dieu, union aussi manifeste qu'Incompréhensible. Dieu se rt^vt-ie à l'Ame dans une Intuition qu'il est impossible d'expliquer, non moins impossible de méconnallre.
Mais, d'autre part, ce mysticisme est singulièrement timide et réservé. Sans doute, Jacobi célèbre avec outhoa-