‹ La philosophie de JacobiChapitre 89 sur 141 · hboel's Werke, I, 3-161. Ola%benund Wissin · texte numérisé non relu

hboel's Werke, I, 3-161. Ola%benund Wissin

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ni leur altribuei- une valeur universelle. Le talent de l'aulfur fera, par aventure, que l'intértlit psychologique el moral [•reste vif. Mais, pour une plillosopliie, la base sera toujours I InsufQsante.

Il est vrai que les conditions d'une " philosophie en général " louchent peu Jacobi. S'il est philosophe, c'est pour s'expliquer k liii-mfime sa propre nature, « dans la mesui'e où cela est possible ». Ce qui, dans l'essence de l'homme, parait inexplicable, Jacobi n'a point de scrupule à l'accepler comme tel. La vraie philosophie, selon lui, ne craint pas de s'arrttcr devant le « miracle », De plus, ce qui vit est seul réel, ce qui est individuel est seul vivaiil. Si donc la philosophie prétend iilrc une science, et porter sur le général, c'est-à-dire si elle s'écarte des données de la conscience individuelle, elle fait fausse route. Elle se perd dans un jeu d'abstractions vaines. Sans doule, notre faculté logique peut I s'y complaire. Elle construit alors de beaux syslÈmes de vi!l'I^tés abstraites qui sont élégants, puissants, harmonieux. Mais elle ne porte plus sur la réalité essentielle des choses. Elle est bien obligée de s'en apercevoir à la fln, quand Dieu, quand la liberté et la finalité sont niés par celte soi-disant science philosophique, alors que la conscience nous en atteste, et môme nous en impose resistence. Le commencement de la sagesse, pour un philosophe, ne serait-il pas de renoncer à la cliimére dune science philosophique, et d'échapper ù ce que Jacobi appelle le « fanatisme logique »? Jacobi avait donc compris l'objcclion, et la réponse qu'il y fait ne manque pas de portée. Elle en aurait davantage, si elle s'appuyait sur un examen méthodique et approfondi des conditions de la science. Mais Jacobi n'y songe pas : â ses I yeux la question est réglée d'avance, et il n'y a pas à y rervenir. Le domaine de la science coïncide avec le domaine de l'abstrait et du nécessaire'. Car la science démontre, et dé-

1. Y. plui haul, cUap, tv, p. 63 biji). Cf, Mbiïh, p. 4i. LfUrc du 24 t.Wricr

montrer, c'est faire voir comment les propositions se conditionnent nécessairement les unes les autres. Telles sont les malhématiques; telle la physique, en prenant le mot au sens le plus largo , au sens antique, jusques et y compris les opérations de l'âme, les actes libres seuls exceptés. La science ainsi déflnie, Jacobi en conclut aussitôt que l'univers se réduit pour elle à un mécanisme, qui satisfait poul-êlre l'entendement, et qui révolte sùremcnl la conscience. Mais cette conception de la science do la nature, à laquelle Jacobi revient toujours, sans jamais eu examiner de près les fondements, est-elle la seule possible? N'y a-t-il, comme il le croit, d'autre alternative que le mécanisme ou le miracle? Frappé de la nécessité rigourense que présentent les démonstrations des mathématiques, Jacobi se l'explique en attribuant k celle science un caractère exclusivement analytique. Puis, h l'exemple de Descarlos, il fait revêtir à la scienre de la nature enlière la forme mathématique et il y retrouve, par conséquent, la même nécessité provenant de la même cause. Cela suffit-il, comme il le pense, pour justifier l'opposilion qu'il établit entre l'objet de l'entendement et celui de la raison, entre la science et le réel ? Si Jacobi s'était posé, comme le fit Kant, le problème auquel conduisait Hume : « Comment les mathématiques pures a priori sont-olles possibles ? , Comment la physique pure a priori est-elle possible? <> et ' enfin : « Comment la métaphysique en général est-elle possible ? " il entrait dans la recbcrche des synihèses primitives qiic suppose la science. 11 inaugurait de sou côté la philosophie crilique.

Mais cette lAche, longue et pénible, il ne pouvait ni ne voulait l'cnti-eprendre. D'abord il y était peu propre. Elle ' exigeait des qualités de précision et de rigueur qui lui font presque enlîéremcnt défaut. Il n'a r\?A\ d'un logicien, et un travail de ce genre l'aurait rebuté. Puis, il avait le pressentiment très juste qu'il serait conduit à peu prés sûrement à l'idéalisme, et il tenait par dessus tout à son double réalisme empirique et suprasensible. Rappelons-nous que Jacobi

252 LA PillLOSÛPHIE DE JACOBl

n'estime pas les conclusions d'une philosophie d'après la rigueur de ses démonstrations et de ses analyses. Il juge, au contraire, de la valeur d'une doctrine par la nature des conclusions où elle aboutit. Car il sait d'avance quelles conclusions sont vraies, et quelles fausses. Il a son idOe de der^ ri?re la t<>te, à laquelle il rapporte tout. 11 n'instituera donc pas une recherche abstraite et pénible sur les conditions du savoir. A quoi bon, puisqu'il possède, dans le sentiment, une source de certitude indépendante, et supérieure au savoir'?

Kant, dit excellemment Hegel, a cherché la solution des problèmes que Jacohi s'est borné à poser. — Non pas, répondrait Jacobi. J'en ai donné au conli-aire la solution avec le problème même. Point de doctrine plus catégorique que la mienne dans ses conclusions. — Mais quelle solution? Le sallo nmrtale. Ce n'est pas une réponse, c'est un aveu d'impuissance philosophique. C'est, si l'on veut, une profession de foi. Elle ne peut plaire qu'à des coreligionnaires. Elle fera des prosélytes, mais non pas des disciples. Au moment où le problème de la connaissance se posait avec une netteté décisive, au moment où la solution des autres questions philosophiques paraissait dépendre de celle-là, Jacobi l'écarté pour ainsi dire sans discussion, Il ne veut pas l'examiner. Il en résulte pour sa doctrine une infériorité évidente. Elle peut difficilement prétendre à marcher de pair avec ses rivales.

Jacobi ne l'a pas ignoré. Son amour-propre en a souffert, bien qu'il se défende fièrement contre l'objection en l'acceptant. Votre reproche me loucherait, dïl-il souvent, si j'avais voulu établir un système de philosophie qui s'Imposât à tous les esprils. Vous auriez alors le droit de me demander une justification logique, et d'en signaler le manque. Mais je n'ai rien pensé faire de tel. Mon avis est qu'en pa-

. reille matière les démonstrations sont hors de propos. C'est le cœur qui décide, et tonte ccrlilude de " première main » est croyance. J'eusse été infidèle à ma propre doc-

I trine, si j'avais cru la fortifier par une théorie de la connais-

sance. Je n'aurais fait que la compromettre. Dites, si vous voulez, que ce n'est pas une philosophie: j'y consens. J'ai dit moi-mOmo, toute ma vie, que celait une doctrine du non-savoir, une " non-philosopliie ' ». Avec de la complaisance, on peut me compter au nombre des pliilosophes ; A la rigueur, on peut m'en exclure. Je suis sur la limite. J'ai toujours cherché non la viîritt', mais ie « vrai n '. Aussi suisje l'ort eraharrassii s'il me faut jusHiier ma doctrine devant les philosophes de profession, à leur manière. Je ne sais pas le laiie, et je n'y liens guère. Libre à eux de m'excommunier ; mais qu'ils ne s'imaginent pas m'avoir réfuté.

Ce n'est pas là, nous le savons, une défaite pour échapper aux critiques de ses adversaires, ni une façon cavalière de les persifler. Jacolii est sérieux et sincère, 11 maintient à la fois que sa doctrine est la vraie philosophie, et qu'elle est une " non-philosophie », qu'elle n'a pas de preuves, et qu'elle n'en a pas besoin. Il s'avoue hors d'état de la défendre sur le terrain commun aux philosophes ; mais il les récuse tous, au nom de son « pressentiment du vrai ». C'est beaucoup de confiance en ce pressentiment, et la doctrine de Jacobi, manquant de preuves, manquera aussi d'aulorilé. Il aura beau prétendre que « l'intuition >> vaut mieux que tous les arguments; qui pourra-t-il se flatter de convaincre? Sa doctrine sera vraie pour lui et pour quelques autres, à condition qu'ils aient juste la même tendance au mysticisme, mais sans exaltation ; — juste le même goût pour la philosophie, mais sans système ; — juste la même soif de certitude, mais avec aussi peu d'exigences logiques ; — juste le même enthousiasme pour la vertu, juste le même sentiment de la

liberté Combien seront-ils ? Et la philosophie de Jacobi

ne méritera-t-elle pas le nom, qui lui fut donné une fois, de

1. sw, m, 9. Jacobi an Pichlef 2. Jicobl Uont beaucoup k celte dJstinclioD. I.a vrrité est le fantdmc abstrait que poursuivent le» pLilosoplie» ; le vtiû, n'est le réel, tel qu'il se rfïèle immédiatement b. la raison. Jiiculil voit lit tu dilTérïuae fondamentale ei phUoïoptiie de Ficbte et la Blenoe. SW, Ul, 17.

fl subjectirisme aristocratique " ? Quelle ironie, pour une doctrine qui s'appelait cUc-mCme le vrai rationalisme ' !

Gardons-nous loiilefois de la condamner sommairement. Jacobi est conséquent avec iui-môme dans son dédain de la forme systémalique, et il n'avait pas tort de penser que ce qui fait ici sa faiblesse fait aussi un peu sa force ".Ne voyonsnous pas que les doctrines les plus rigoureusement ordonnées et démontrées s'écroulent comme tes autres, quand la critique atteint les postulats sur lesquels elles se fondent? Qui veut être aujourd'hui cartésien pur, ou kantien ortliodoxe? Les systèmes de Spinoza et de Hegel ne sont-ils pas aussi compromis par la perfection de leur structure, que la philosophie de Jacobi par les défectuosités de la sienne? Beaucoup de naturalistes donnent aujourd'hui à la loi de la concurrence vilale une application ingénieuse. Parmi les espèces fossiles, disent-ils, celles dont l'adaptation avait atteint le plus haut degré de complesilé et de richesse dans le détail ont souvent dû péru- le plus vite. En effet, si les conditions ambiantes venaient h changer tant soit peu, la perfection même de ces organismes causait leur perle. Il suffisait d'une modification presque insensible au milieu sur lequel ils étaient pour ainsi dire modelés, pour les condamner à disparaître, tandis que des fitres dont l'adaptation était demeurée plus grossière, parvenaient à s'accommoder de conditions nouvelles, et survivaient. Pareillement, une doctrine philosophique ne reste vivante qu'à la condition de demeurer plastique. Il faut qu'elle puisse, elle aussi, s'adapter et se réadapter au milieu intellectuel et social qui change sans cesse. Le platonisme et l'aristotélisme

n'oni yt5cu qu'en se modifiant toujours. Quand une docirine est iisiîe. Agée, poun-aît-on din?, jusque dans ses moindres détails, elle appartient à l'histoire. « Un système complété, a-t-on dit, est un système à moitié réfuté. » Rien de plus juste. Car, une fois complété, ÎL laisse TOir à quel point il est pauvre. Irrémédiablement, puisqu'il est maintenant tout en acte : on ne peut plus supposer qu'il contienne rien désormais en puissance.

Si donc la doctrine de Jacobi ne se présente pas sous une | forme systématique, ce n'est peut-être pas pour elle un désa- J vanlage considérable. Mais, indépendamment des chances de I durée plus ou moins longue, il y avait là, pour Jacobi, i question de principe. Certains objets se prélent à une forme ] systématique rigide, el d'autres, non. Que la science posilivi^ exprime maihémaliqucment l'aspect quantitatif de la nature, rien n'est plus légitime. Nous connaissons l'origine et la portée des symboles dont nous nous servons là, et si nous travaillons sur la quantit»; abstraite c'est à bon escient. Mais la philosophie doit exprimer le réel dans ce qu'il ' a de plus intime : comment s'imaginer que la méthode de déduction analytique, qui est d'un emploi -si heureux en mathématiques, puisse lui convenir aussi? C'est vouloir traiter le concret comme l'abstrait, le vivant comme l'inerte, le varié comme l'uniforme, la qualité enfin comme la quantité. C'est prendre le conlrepicd du bon sens et de la bonne 1 méthode.

Le raisonnement, selon Jacobi, est une espèce de calcul. 1 Ce calcul dilTérc de celui des mathématiques, eji ce que c dernier porte sur des symboles quantitatifs, aussi abstraits | que possible, et l'autre sur des mots, qui représentent des | concepts. Cette difTOreuce n'est certes pas négligeable. Elle a même des conséquences fort importantes. Mais enfin, elle reste secondaire. Car, dans un cas comme dans l'autre, l'entendement opère sur des signes. El il opère d'après ses propres lois, avec la confiance qu'à la fin de son travail le résultat obtenu peut être considéré comme vrai. Confiance

2S6 LA PHILOSOPHIE DE JACODt

justifiée lorsqu'il s'agit de la vérité absiraile, puisque celle-ci n'esprirae, au fond, que l'accord de la pensée avec ellemême ; présomption témi^raire, quand l'homme prûlend rendre compte du " vrai », c'est-à-dire, de ce qui est. Peutêtre en effet le vrai n'est-il pas tel qu'il puisse entrer dans les cadres de l'entendement, et par suite dans la forme de la science, sans se di^naturer ou se perdre. Sûrement même il n'est pas tel. Le h vrai » ou « réel " est toujours inditiduel; l'enlendcment ne conçoit, la science n'explique que le général. La science postule donc, k son point de départ, la subsliluEion de schémas abstraits à l'infinie variété des êtres concrets. Ce sont des symboles ' commodes, mais inadéquatSj et d'autant plus inadéquats qu'ils sont plus commodes. Pour les manier plus facilement, l'esprit leur fait fait subir une série de transformations. Il passe des imagées aux concepts, dos concepts aux mots, des mots aux signes algébriques. En même temps, la science devient plus exacle, mais aussi plus abstraite. Quand enlin elle donne à l'entendement une satisfaction entière par sa paifaite rigueur déductive, elle est devenue un système, beau, si l'on veut, d'une beauté logique, mais n'ayant plus avec le réel qu'un rapport lointain. Les éléments qualilatifs qui font l'être concret ont disparu.

Jacobl accepterait volontiers la définition de Condillac : » Une science est une langue bien faite, » Mais il ajouterait qu'il n'y a aucun rapport entre le signe verbal et la chose signiHée, sinon une correspondance constante dans l'esprit de l'homme qui prononce ou entend le mot*. Or un tel rapport de correspondance, très suffisant pour la science positive, ne l'est plus pour la philosoptiie, qui prétend atteindre l'être même. Si la philosophie est une science, elle est une langue. Itlais si elle est une langue (c'est-à-dire un

P5t quo force, activité, moUMMenC. ?ioui avoiB inventé ces Icrnies pour exprimer cerla.iiie etTEts, et tout Dotre satoir sa borne A cannaJtre ces effels. • Œuvres, VIU, p. 214.

CONCLUSION système de symboles), elle ne remplit pas ta fonction d'une philosopliie. Donc la philosophie n'est pas et ne peut pas être une science, au sens ordinaire du mot. Elle est tout au plus un « savoirs, non difmoniré, mais immédiat; non dérirË, mais intuitif.

- Jacobi est donc persuadé que le réel est incommensurable avec le logique. S'il n'eût pas répugné lui-même à cons- i thiire un système (ce qui aurait été de sa part une sorte , de contradiction), ou s'il eût seulement éprouvé le besoin de pousser ses idées à leurs conséquences oxlrCmes, il était [ -8ur le chemin qui conduit à la philosophie de Hegel. Il ten- i dait à ne voir dans le principe d'identité que la règle d'une science purement formelle, c'est-à-dire vide, et à concevoir une logique du réel ou logique absolue, logique pleine, se i développant suivant un principe supérieur à la loi d'intelli- 1 gibilité. Hegel en fait lui-môme la remarque à la fin d'un article qu'il publia en 1817, le troisième, et de beaucoup le plus favorable qu'il ait écrit sur Jacobi'. Il le montre s'approchant toujours davantage, avec Hamann, de la conciliation et même de la coïncidence des contradictoires. Toutefois, il ne faudrait pas trop presser ce rapproche-

I ment. Jacobi se déclare satisfait, en somme, de l'article de Hegel. Il avait lieu de l'être, s'il comparait l'hommage dé-

I licat et respeclucui que lui rendait maintenant Hegel, à la critique acerbe et presque méprisante que le même Hegel avait publiée de sa doctrine quinze ans auparavant. Mais il trouve que Hegel lui fait encore une cruelle injustice " sur au moins trois points ■>, et il ajoute qu'il a grand'peine à

' comprendre le jeune philosophe. Le détail de la docirine

', lui échappe, et il se sent incapable de l'efTort qu'il faudrait

ipour s'en rendre maître *. Pourtant il distingue as-scz bien la divergence essentielle entre l'hégélianismc et sa propre philosophie. « Hegel pense comme moi, dit-il en subs-

! 1. HEaeL's Werke, XVIt, p. 36-37. Complu rsndii rlu 3- lolumB des Œuvres

I eomplèlei de lumbi. IBll (dan» Us Heidelbergische JahrbVchrr].

^^H S. RoTH, n, 4ril. Lcttr? ii lian-Paul, du II m-ii Ifitl.

258 tA PHILOSOPHIE DE JACOBI

tance, qu'il faut di^passer le spinozisme {ou système de la nécessitiS logique), par une philosophie de la liberlti. Seulement j'y parviens au moyen du saito morlaJe, et je me trouve ainsi, tout d'un coup, sur un autre terrain que celui de la démonstration. Hegel, au contraire, reste au point de vue de la science, et s'il dépasse le point de vue de l'entenderaent, c'est par un effort suprême de la pcns(5e', » Jacobi maintient, contre Hegel, que si la raison nous révèle l'absolu, elle ne fait que le révéler. Il repousse l'idée d'une 11 dialectique ", ou d'une « logique » absolue. Car avec elles réapparaissent la nécessité, la forme systématique, la substitution du général et de l'abstrait h l'individuel et au coacret. Et si Hegel avait répondu que sa doclrîne n'était pas une déduction vide, et qu'elle rendait compte de toute la réalité, Jacobi aurait répliqué que ce nouveau système, comme tous les précédents, était pourtant un panthéisme, et, par suite, non moins inacceptable que le panthéisme \<ygique de Spinoza.

Quand un esprit est à ce point rebelle à l'idée de sacrifier si peu que ce soit des caractères de la réalité concrète, ce n'est ni dans la science, ni dans la philosophie qu'il trouvera jamais à se satisfaire. L'art, qui crée dos formes et des âmes individuelles, l'art, rival de la vie et mystéiieus comme elle, a seul le privilège de manifester le vrai sans le mutiler, et de révéler l'idée sans l'abstraire. C'est donc un instinct sûr qui avait mené la pensée philosophique de Jacobi â s'exprimer sous la forme du roman. Mais, de même que le sentiment vif de l'individualité concrète l'avait détourné de l'analyse scientifique, de même aussi la préoccupation des problèmes métaphysiques sous leur forme générale l'empêchait d'être purement artiste. Le penseur chez lui fait tort au romancier. Au lieu de vivre et d'agir, les héros iXAllwill et de Tfo/rfemar dissertent sur des questions de philosophie, et Jacobi est exposé au reproche, particulièrement

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