‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 104 sur 138 · SW, II, 44 (écrit en · texte numérisé non relu

SW, II, 44 (écrit en

3Iême concordance apparente, même dissentiment profond en morale. Jacobi se déclare ravi de la Critique de la Raison pratique. En 1793, il en expose les conclusions dans un résumé succinct et élémentaire. Il y comble d'éloges la morale de Kant pour deux raisons : !<> Kant a admirablement montré que le principe de la moralité est indépendant du principe de l'amour-propre ; 2^ celle doctrine conduit à admettre un règne des fins, un Dieu bon, et une sanction du mérite et du démérite après la mort. Jacobi retrouve là deux principes de sa propre morale : la condamnation de l'utilitarisme, et l'idée que la moralité donne accès à un monde suprasensible, distinct de la nature où l'homme est enchaîné par son corps. Il sait à Kant un gré infini de les avoir soutenus de toute la force de son génie «. Désormais, grâce à lui, la morale de l'intérêt est devenue insoutenable en philosophie. Kant, de son côté, rend justice à la noblesse des sentiments qui inspirent Jacobi. Mais l'accord se maintiendra-t-il si l'on sort de ces termes vagues? La morale de Kant et celle de Jacobi s'unissent en tant qu'elles combattent des ennemis communs, ou en tant que toutes deux incorporent (sous des formes d'ailleurs très différentes) l'idéal spiritualisle et chrétien. Pour le reste, elles s'opposent l'une à l'autre, et même avec vivacité. Kant tolère encore moins la méthode de Jacobi pour la morale que pour la philosophie théorique, et Jacobi, qui a rejeté l'idéalisme transcendenlal, ne se prononce pas moins énergiquement contre l'impératif catégorique.

Kant considère le devoir comme quelque chose d'ultime et d'absolu. Mais en même temps il insiste sur le caractère

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