‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 117 sur 138 · Picifw'» S^mmUkàe W^JU, t vm, p · texte numérisé non relu

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JACOBI ET FICUTE

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ses facultés était dure. En fait, dès cette époque, les dispositions de Jacobi à l'égard de Fichte n'étaient plus du tout favorables. Il justifie ici le célèbre portrait où Gœlhe le représente comme « ayant une nature de diplomate » . Dans les œuvres qu'il publie , la discussion reste courtoise, et môme aimable. On ne se douterait jamais, à les lire, de quel ton Jacobi s'exprime sur le compte de ses adversaires pliilosopbiques , et en particulier de Fichte, quand il écrit librement à ses confidents. Il est alors malveillant jusqu'à la violence, jusqu'à l'injustice la plus choquante. Plus de précautions oratoires pour faire enlendre que l'idéalisme transcendental est une doctrine admirable sans doute, mais inadéquate au réel ; plus d'hommages rendus au génie philosophique du « Messie de la l'aison pure ». Jacol)i écrit tout uniment que cette dialectique si difficile à suivre est sans intérêt comme sans porlé<î ; que les ouvrages de morale de Fichte sont pitoyables, et que le tout ensemble ne vaut ni le temps qu'on y passe, ni la peine qu'on s'y donne. Que Reinhold prenne ce galimatias au sérieux, c'est là, selon Jacobi, la preuve définitive do sa médiocrité.

Toute piqûre d'amour-propre mise à part, deux points surtout ont dû indisposer Jacobi. D'abord, le « moi absolu » de Fichte. Ces deux mots jurent délrc accouplés. Fichte a bien essayé de rendre son idéalisme acceptable pour Jacobi, et de lui persuader qu'il n'ote rien au réalisme en l'englobant dans son système. Mais Jacobi n'a pas goûlé du fout celle interprétation, ou plutôt cette absorption de sa docirino. El quant à celle de Fichte, prétendre à une conception ralionnelle de l'absolu est une erreur dont Jacobi croyait avoir fait justice. Désigner cet absolu sous le nom de « moi » : autre erreur, plus grave encore, s'il est possible. Car un moi absolu n'est rien, qu'une abstraction vide. Il n'existe que des «<moi^ individuels €t concrets. «< L'individualité est un sentiment fondamental, ratine do riiitelligcncc ci de toute connniss.ince. San» individualitc» point de S':b$Uintlallté ; san^

substantîalité, plus rien... «Conscient » est un adjectif; on ne peut le penser sans un substantif, et ce sujet est précisément ce qui se manifeste (sans intuition possible) dans le sentiment de Tidentité. Il est impossible de penser la personnalité de l'homme comme une pure trame obtenue par une synthèse : non moins impossible, cela est prouvé, de la regarder comme quelque chose qui s'engendre peu à peu dans le temps. Moi, Frédéric-Henri Jacobi, je me connais immédiatement par la seule vertu de ma substance, sans avoir besoin d'aucun signe distinctif : je n'ai pas besoin de me composer d'abord pour me ronnaîtiY*.. . Jo fais un saut périlleux, et je di^i : de même que pour Fichte tout est subjectivité, pour moi tout est objectirité'. » Dans celle môme lettre, Jacobi attaque Fichte arec une exIKnic vivacité. Il l'accuse de l'avoir plUé. de lui avoir pris jusqu'^ se« phrases et ses expressions, avec k la plus noii'e ingralitudo ■. Ce dernier grief est le plus cxlraonllnaire. Ficlite n'aralî guère besoin, semble-i-il, d'empninter à Jacobi, et I accus,ition de plagiat est é<!arlée d'avance par son camcti^re. Mai.»i Jacobi écrivait sous rimpre.ssion que venait de lui laisser la Destination de Vllommt. Or il se trouve, en effet à la fin de la premièix» partie et au conimencemi-nt de* la troisième partie de cet ouvra^o, des passages qui rappellent de très près, et prt^iue en termes identiques, des lliêses chères à Jacobi. Ainsi Fichte pose comme lui rantlnoniie du déterminisme et de la liln-rfé. D'un ciWé. rentendemenl exige l'universelle iniclligibilité, c estsVdirc la n^cx^ssilé : mes actes sont donc dos phénomènes semhfnblcs aux autres, et soumis aux mêmes lois. Je m'imaginais en «>tA? l'auteur, je n'en suis que lo spectateur ; c'est la nature qui agît en moi. qui me fait vicieux et vertueux. Je û en suis point res|>on. sable. Mais, aussitôt, le sentiment proteste jivec énergie, Jamais ma conscience n admettra que je ne soi» qu une méca' nique dont les ressorte sont mus par les foiws de la nature,

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