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« subjectivisme aristocratique » ? Quelle ironie, pour une doctrine qui s'appelait elle-môme le vrai rationalisme » î
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Gardons-nous toutefois de la condamner sommairement. Jacobi est conséquent avec lui-môme dans son dédain de la forme systématique, et il n'avait pas tort de penser que ce qui fait ici sa faiblesse fait aussi un peu sa force*. Ne voyonsnous pas que les doctrines les plus rigoureusement ordonnées et démontrées s'écroulent comme les autres, quand la critique atteint les postulats sur lesquels elles se fondent? Qui veut ôtre aujourd'hui cartésien pur, ou kantien orthodoxe? Les systèmes de Spinoza et de Hegel ne sont-ils pas aussi compromis par la perfection de leur structure, que la philosophie de Jacobi par les défectuosités de la sienne? Beaucoup de naturalistes donnent aujourd'hui à la loi de la concurrence vitale une application ingénieuse. Parmi les espèces fossiles, disent-ils, celles dont Fadaptation avait atteint le plus haut degré de complexité et de richesse dans le détail ont souvent dû périr le plus vite. En effet, si les conditions ambiantes venaient à changer tant soit peu, la perfection môme de ces organismes causait leur perte. Il suffisait d'une modification presque insensible au milieu sur lequel ils étaient pour ainsi dire modelés, pour les condamner à disparaître, tandis que des êtres dont l'adaptation était demeurée plus grossière, parvenaient à s'accommoder de conditions nouvelles, et survivaient. Pareillement, une doctrine philosophique ne reste vivante qu'à la condition de demeurer plastique. Il faut qu'elle puisse, elle aussi, s'adapter et se réadapter au milieu intellectuel et social qui change sans cesse. Le platonisme et l'aristotélisme
i. SW, IV, p. XLiv.