‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 136 sur 138 · SW, U · texte numérisé non relu

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2. Cf. Bonnet. « Nous ignorons profondément ce que c'est que forCiy acti' vite, mouvement' Nous avons inventé ces termes pour exprimer certains effets, et tout notre savoir se borne à connaître ces effets. » Œuvres^ YIII, p. 214,

CONCLUSION

système de symboles), elle ne remplit pas la fonction d'une philosophie. Donc la philosophie n'est pas et ne peut pas être une science, au sens ordinaire du mot. Elle est tout au plus un « savoir», non démontré, mais immédiat; non dérivé, mais intuitif.

Jacobi est donc persuadé que le réel est incommensurable avec le logique. S'il n'eût pas répugné lui-même à construire un système (ce qui aurait été de sa part une sorte de contradiction), ou s'il eût seulement éprouvé le besoin de pousser ses idées à leurs conséquences extrêmes, il était sur le chemin qui conduit à la philosophie de Hegel! Il tendait à ne voir dans le principe d'identité que la règle d'une science purement formelle, c'est-à-dire vide, et à concevoir une logique du réel ou logique absolue, logique pleine, se développant suivant un principe supérieur à la loi d'intelligibilité. Hegel en fait lui-même la remarque à la fin d'un article qu'il publia en 1817, le troisième, et de beaucoup le plus favorable qu'il ait écrit sur Jacobi*. Il le montre s'approchant toujours davantage, avec Hamann, de la conciliation et même de la coïncidence des contradictoires.

Toutefois, il ne faudrait pas trop presser ce rapprochement. Jacobi se déclare satisfait, en somme, de l'article de Hegel. Il avait lieu de l'être, s'il comparait l'hommage délicat et respectueux que lui rendait maintenant Hegel, à la critique acerbe et presque méprisante que le même Hegel avait publiée de sa doctrine quinze ans auparavant. Mais il trouve que Hegel lui fait encore une cruelle injustice « sur au moins trois points », et il ajoute qu'il a grand'peine à comprendre le jeune philosophe. Le détail de la docirine lui échappe, et il se sent incapable de l'effort qu'il faudrait pour s'en rendre maître '-. Pourtant il dislingue assez l)!en la divergence essentielle entre l'hégélianisme et sa propre philosophie. « Hegel pense comme moi, dit-il on ivîibs-

1. Heoel's Werke, XVII, p. 36-37. Compte rendu du 2* volume des Œuvres complètes de Jacobi. 1817 (dans les Heidelbergische Jahrbiicher]

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