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maux, et Télève au-dessus d'eux, non pas en degré, mais en nature, c'est-à-dire liors de toute comparaison. Elle est, en un mot, identique à la raison. Ou bien, en d'autres termes non moins exacts : ce que nous appelons raison, ce que nous considérons comme une faculté supérieure au pur entendement (qui a pour unique objet la nature), provient exclusivement de la faculté des sentiments. Comme les sens fournissent des données à l'entendement dans la sensation, de même la raison lui en fournit dans le sentiment. >»
Ainsi, lorsque Jacobi nous présentait comme simples et immédiates lïntuition et la perception des objets métaphysiques par la raison Inmuiine, ces mots d'inluilînn H de perception nous Ironijwienl. >'ous sommes accoulunié.H à lc< rapporter «i la pensé«. Ils » connotont o pour nou;$, comme dit Stuart M\\\, quelque chose dlnlellectuel. Or, pour Jacobi. il s agit ici non pa.*i d'une jnt<*lli'rtion, mais d'un senlimont. * Enronî une fois, dit-il, avoir ou n'avoir pas la ♦« faculté des ^enlimcnU •• n^i ce qui distingue l'homme de ranimai. 1à où la nuM>n ife^t |)as, \ix ne sont pas non plu.s le:jfc »cntimcnU olgoclif» , cV:*Uâ-diiv qui révC^lenl ininié<liaii'nienl u la conscience quelque cJiose d'autre qu'eiixjiu uics. Là ou 90 rencontrent de tels sentiments, là est au.ssî immanquablement la raison *. » Jacohi ne se lasse pgis d'y n.^venir. C est le point critique do sa philosophie, cl il sait que le i^ste en dépend. Il soutiendra qulntellectioii est synonyme de d«'lerminisme et de nécessité : que, jwr conséquent, toute doctrine <|ul pn'*tend ren*!^* les choses intelligibles et le* ix'- «luiix» en Hy.slème, ahoutit, lion gré mal gré, sk la négation de Dieu et de la liliorté. Il Ciillait donc que dans sa propn> philosophie, nml^iv la viobMico failo aux mots, la farullé supérieuix! qu'il appelle raison fût non seulement su|N3rieiire à rinlelligence, mais entièrement distincte d'elle. » For ce sentinitîtit se révi^lent, sam intuition, sans toncrpt, d'une manière insondable et inexprimable, le beau, le bien et le vrai
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THÉORIE DE LA RAISON
en soi *. » Il serait difficile d'insister avec plus de force sur la subordination de l'élément intellectuel. Remarquez aussi le mot favori qui reparaît sans cesse sous la plume de Jacobi : inexprimable (unamsprechlich). Il ne convient pas mal à un philosophe du sentiment.
Mais, dira-t-on sans doute, cette théorie de la raison est étrangement incohérente et contradictoire. Comment Jacobi peut-il soutenir fi la fois que la raison est une faculté crintuition, et qu'elle est un sentiment sans intuîlion? Une affirmation exclut l'autre : il faudrait choisir. — L'objection porte plutôt contre la terminologie de Jacobi que contre sa doctrine. Cette terminologie n'est pas seulement déconcertante comme nn i\i*f\ jeté à lusage ordinaifv dos philosophes : Jiicolii a le tort de ne i>as se tenir toujours exactement aux définitions qu'il a lui-même posées. Mais, dans le fond, il ne se cnnli'edit point. S'il $*est seni du mot '• hituition ••, c'est faute d'un meilleur. Il roulait désigner sptTialenient faction iliix^cte et immédiate de l'objet suprasensible sut* r^me, analogue à Timpression de Tobjet sensible sur l'œil. Poussci: le parallélisme jusqu'au bout. Dans lu vision, ce n'est pas, À pix>pivment parler, le sens qui peivoil. mais Icnlendcment. Car le sens témoigne seulement de la pi^^sence d'un objet, et c'est l'entendement qui recueille, élabore et organise les données du an'us. De même l'efTel immédiat de l'impression des réalités suprasensibles siu* notre « œil spirituel H n*est pas non plus une connaissance; c*estnn sentiinrnt. Mais ce sentiment est « obj<!ctif •», c'est-ù-dire, témoigne de la réalité de l'objel qui le produit. Voilà en quel sens J41cohi s'est cru eu <li>oit de rappeler aussi intuition. Car, bien qu'il ne soit pas une connaissance, il s'accompagne ]K)urtant d'une croyance irivslstible à l'exislence des objets suprasensibles, et nous lix>uvous ainsi dans ce senliment une certitude immédiate que rien nV?branle.
Aussi bien l'iline ne resle-t-ellc pas [«ssîve eu pri!*sence de